Alioune Ndiaye
22 Mai 2026•Mise à jour: 22 Mai 2026
AA/ Dakar/ Alioune Ndiaye
Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a fustigé vendredi la volonté de l’Occident d’imposer son diktat, sa culture et sa civilisation au reste du monde en usant de ses moyens et du contrôle des médias.
Le chef du gouvernement sénégalais réagissait à une question sur la loi pour le durcissement des peines contre l’homosexualité par le parlement et ayant ouvert la voie à des critiques de la part de pays occidentaux.
« J’ai entendu beaucoup de gesticulations dans des pays étrangers, particulièrement la France. S’ils ont opté pour ces pratiques que je ne veux même pas nommer, nous n’avons pas de leçons à recevoir d’eux », a dit Sonko s’exprimant lors des questions d’actualité dans l’hémicycle.
« S’il y a intolérance, on doit le chercher dans ces pays où pas plus tard qu’il y a quatre jours une avocate s’est fait attaquer parce qu’elle a été interviewée avec un foulard sur la tête. C’est ça l’intolérance », a-t-il poursuivi, dénonçant une « sorte de tyrannie » que l’Occident veut imposer.
« Aucun pays asiatique ne nous critiquera parce qu’on a légiféré sur la question, aucun pays arabe, aucun pays africain, mais il y a un petit noyau qui s’appelle l’Occident (…) Parce qu’ils ont les moyens, parce qu’ils contrôlent les médias qu’ils veulent imposer leur diktat, leur culture, leur civilisation, d’ailleurs on n’osera pas nous parler de civilisation avec cette affaire parce ce n’est pas de la civilisation, au reste du monde », a-t-il insisté, faisant savoir que le Sénégal ne fera pas marche arrière sur la question.
« Il n’aura pas de moratoire pour son application », a-t-il dit, allusion à une tribune d’intellectuels africains faite dernièrement en ce sens.
« Cette loi, si elle doit être renforcée elle le sera », a-t-il ainsi assuré, notant que l’objectif principal est de mettre un terme à la prolifération du phénomène dans le pays.
« La loi, par essence, est impersonnelle. Une fois qu’elle est votée, quiconque est concerné par cette loi, y sera soumis sans faiblesse (…) Le peuple sénégalais est souverain et dans son écrasante majorité ne veut pas de cette pratique au Sénégal. »
Plus de 100 personnes ont été arrêtées pour actes contre nature depuis l’adoption de la loi le 11 mars 2026 avec des peines d’emprisonnement ferme de 5 à 10 ans et d’une amende pouvant aller jusqu’à 10 millions de francs.
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