Le Parc national de la Guadeloupe tire la sonnette d’alarme. Les prises de vues réalisées sans autorisation préalable en cœur de parc sont en nette augmentation, que ce soit en milieu terrestre ou marin. Au-delà du non-respect de la réglementation, ces pratiques ont des conséquences directes sur la faune et les écosystèmes, déjà fragilisés.
Des drones perçus comme des menaces
Parmi les usages les plus préoccupants : les prises de vues par drone. Même à distance, ces appareils sont interprétés comme des prédateurs par de nombreuses espèces. Résultat : stress, fuite des animaux et perturbation des cycles de reproduction. Dans certains cas, quelques minutes de dérangement suffisent à compromettre une nichée.
Les prises de vues au sol ne sont pas en reste. À proximité de zones sensibles, elles peuvent également perturber des espèces en période de repos ou de reproduction.
En cœur de parc marin, la vigilance se concentre notamment sur le Grand Cul-de-Sac marin.
- À l’îlet Blanc, l’accès est actuellement interdit jusqu’au 30 septembre, avec interdiction de débarquement et d’approche à moins de 100 mètres des rives durant la période de nidification.
- À l’îlet Caret, le débarquement est interdit sur toute la partie terrestre, y compris l’estran, en raison d’une fréquentation très élevée.
Sur terre, la réglementation concerne notamment le massif de La Soufrière jusqu’aux Mamelles, incluant des sites très fréquentés comme les Chutes du Carbet, dont les deux premières cascades se situent en cœur de parc.
En cœur de parc national, toute prise de vues à des fins de communication, de promotion ou d’activité commerciale est strictement encadrée. Une autorisation préalable est obligatoire, conformément au Code de l’environnement. Depuis le 1er janvier 2026, les demandes doivent être effectuées via une plateforme dédiée. Le Parc indique instruire les dossiers en environ un mois, sous réserve qu’ils soient complets.
Une prise de vues sans autorisation peut ainsi entraîner une amende allant jusqu’à 1 500 euros, portée à 3 000 euros en cas de récidive. Dans certaines situations, notamment en cas d’atteinte à des espèces protégées, des poursuites complémentaires peuvent être engagées.
Un appel à la responsabilité collective
Au-delà des sanctions, le Parc insiste sur l’importance d’une prise de conscience collective. « Le respect de la réglementation en cœur de Parc n’est pas une contrainte administrative : c’est une condition essentielle pour garantir la protection durable de nos milieux naturels », rappelle Harry Ozier-Lafontaine, directeur du Parc national de la Guadeloupe.
Face à l’essor des contenus visuels et des réseaux sociaux, les autorités appellent donc à concilier création d’images et respect d’un patrimoine naturel aussi précieux que fragile.
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