L’image est bien loin de celle du fleuron de l’hôtellerie martiniquaise. À Schœlcher, l’ancien hôtel La Bâtelière, fermé depuis près de deux ans, se dégrade au fil des mois. À proximité du site, les habitants dénoncent la multiplication des squats, des décharges sauvages et des nuisances sonores.
Face à cette situation, le maire de Schœlcher, Daniel Chomet, est venu à la rencontre des riverains afin d’échanger sur leurs inquiétudes et sur les mesures à prendre.
« Ça fait 40 ans que j’habite à la résidence. Depuis qu’il n’y a plus l’hôtel, on est considérés comme abandonnés. »
Riveraine
À l’intérieur de l’ancien établissement, les signes d’abandon sont nombreux : déchets, mobilier dégradé et végétation envahissante. Il y a moins de deux semaines, selon les riverains, une personne aurait par ailleurs été retrouvée morte aux alentours du site. Selon les premiers éléments, elle aurait succombé à une overdose. Ce sont des voisins qui ont alerté les autorités.
Des riverains qui réclament davantage de sécurité
Pour les habitants, la présence de squatteurs et de personnes en situation d’addiction nourrit un sentiment d’insécurité croissant.
« L’inquiétude, c’est qu’il y a beaucoup de drogués, beaucoup de squatteurs et qui, lorsqu’ils sont en manque, sortent de l’hôtel et peuvent agresser n’importe qui. Si vous marchez pour rentrer chez vous à pied, vous avez une chance sur deux de tomber sur quelqu’un, donc il y a vraiment cette insécurité qui règne. Nous sommes propriétaires et nos maisons, à tout moment, peuvent être visitées. »
Un riverrain
La municipalité souhaite désormais que les propriétaires du site prennent des mesures concrètes pour limiter les risques, notamment en matière de nettoyage et de sécurisation des accès.
Le nouveau propriétaire prévoit d’investir plus de 30 millions d’euros pour rénover entièrement l’hôtel et créer, à terme, plus d’une centaine d’emplois. Mais avant le lancement de ce vaste chantier, la priorité de la mairie est de sécuriser rapidement le site et ses abords.
« Nous prendrons nos responsabilités pour faire en sorte que le consortium de propriétaires fasse le nécessaire pour garantir la sécurité de tous ceux qui vivent aux alentours, même si quelques efforts ont été faits, notamment en termes de nettoyage. Et puis viendra aussi le temps du projet. »
Daniel Chomet, maire de Schœlcher
L’édile annonce également une rencontre prochaine avec les repreneurs : « Nous avons aussi rendez-vous très tôt avec eux au mois de septembre pour poser les jalons de ce projet sur lequel nous serons extrêmement attentifs. »
Contacté, Patrick Vial-Collet, représentant du groupe Karukera, n’a pas souhaité s’exprimer.
En attendant la concrétisation du projet, l’ancien fleuron de l’hôtellerie martiniquaise reste donc dans l’attente de sa renaissance.
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