Place au repêchage de la LHM

Le repêchage de la Ligue de hockey junior A des Maritimes arrive à très grands pas. Samedi, les 12 formations du circuit ont rendez-vous au Centre civique Mémorial de Campbellton afin de sélectionner des joueurs qui, pour la très grande majorité, sont nés en 2009 et 2010.

Bien que les choses pourraient évoluer en cours de route – lire transactions -, quelques formations sortent déjà du lot pour faire main basse sur les plus beaux talents.

Au Nouveau-Brunswick, le Blizzard d’Edmundston dispose des 6e et 8e sélections de l’encan. C’est encore mieux pour deux clubs de la Nouvelle-Écosse, les Wildcats de Valley (1er, 4e, 9e) et les Mariners de Yarmouth (2e, 5e, 10e), qui détiennent chacun trois choix de premier tour.

Ceci dit, pour les non initiés à cet encan, il faut comprendre qu’il y a une énorme différence entre le repêchage de la LHJMQ, présenté au début du mois à Halifax, et celui de la LHM.

Certes, les deux entités recherchent pareillement des talents de 16 et 17 ans, sans oublier que le premier groupe a également accès aux espoirs du Québec et dans les six États américains qui figurent sur leur territoire.

Les équipes de la LHM, elles, ne peuvent miser que sur les hockeyeurs du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador.

Mais là n’est pas ce qui différencie vraiment les deux circuits.

Alors que les 18 clubs de la LHJMQ s’arrachent la crème de ce groupe d’âge, les formations de la LHM doivent surtout prioriser les joueurs qui, à leur humble avis, ne feront pas carrière dans l’autre ligue.

Ça ne veut pas dire que le Néo-Écossais Max Brien et le Terre-Neuvien Damian Norris, tous deux choisis en première ronde lors de l’encan de la LHJMQ, ne seront pas sélectionnés samedi. Mais il serait très étonnant d’entendre leur nom dans les premières rondes. Ce serait ni plus ni moins gaspiller un choix.

Bref, les recruteurs de chaque formation de la LHM doivent démontrer beaucoup de flair et c’est ce qui rend ce repêchage aussi intéressant.

Même que le directeur général des Timberwolves de Miramichi, Justin Blackmore, est d’avis que l’encan de la LHM est plus difficile à gérer pour leurs recruteurs que pour ceux de la LHJMQ.

«Il y a d’ailleurs quelques recruteurs de la LHJMQ qui m’ont dit la même chose. Nous ne pouvons pas nous permettre de choisir les meilleurs pour commencer, il faut plutôt prendre des risques», affirme Blackmore.

À ce sujet, Blackmore souligne le repêchage de 2023 qui a été tout simplement exceptionnel pour les Steamers, où il travaillait avant de joindre les T-Wolves.

«À ma première année à West Kent, nous avons été chanceux de repêcher Zachary Boudreau, Noah Collette, Olivier O’Brien, Olivier LeBlanc, Mark Corbett et Noah Breau. Je me souviens aussi de la sélection de Philippe Collette au deuxième rang par les Tigres en 2021, où j’étais recruteur», raconte Blackmore.

Le d.g. des Tigres Charles LeBlanc estime que l’exercice de l’encan de la LHM est beaucoup plus complexe qu’on ne pourrait le croire.

«Même si nous réalisons de bonnes entrevues avec les jeunes avant le repêchage, ce n’est pas toujours suffisant. Nous devons aussi vivre avec l’idée que les jeunes peuvent changer d’idée et s’en aller jouer ailleurs au Canada. On en a eu un bel exemple dernièrement avec (Simon) Bourque et (Shane) Delamaire», note LeBlanc, qui fait évidemment allusion aux deux anciens joueurs des Flyers de Moncton, qui ont décidé de ne pas se rapporter aux Rapides de Grand-Sault et de s’exiler plutôt à Smiths Falls dans la CCHL.

Le d.g. des Rapides Mathieu Martin, qui a dû accuser la décision des deux jeunes espoirs, estime qu’il faut aussi composer avec le fait que certains jeunes veulent seulement évoluer dans une équipe de leur province. Ainsi, plusieurs Néo-Écossais ou Prince-Édouardiens ne sont pas chauds à l’idée d’évoluer au Nouveau-Brunswick et vice versa.

«Il faut s’assurer de trouver des talents qui veulent venir chez vous», indique Martin.

Du côté du Lightning de Chaleur, George MacIntyre est lui aussi d’avis que l’encan de la LHM est hautement plus difficile que celui de la LHJMQ.

«Essentiellement, il ne suffit pas d’identifier le talent, la personnalité et les qualités intangibles, il faut aussi composer avec la probabilité que le jeune ne se présente jamais», mentionne-t-il.

«Il y a aussi le fait que certaines équipes ont tendance à ne repêcher que des joueurs de leur province, alors que d’autres sélectionnent davantage des joueurs hors-province. Et puis, contrairement à la LHJMQ, notre repêchage révèle une forte proportion de joueurs de 18 ans. Je parle ici de joueurs capables d’intégrer rapidement une équipe et d’occuper un rôle important», souligne MacIntyre.

Là-dessus, le d.g. du Lightning ne croyait pas si bien dire puisque l’attaquant Alex Peterson, des Caps de Fredericton, serait semble-t-il sélectionné au premier tour, samedi, même s’il soit né en 2008. Il faut dire que Peterson, boudé par la LHM au cours des deux dernières années, a tout de même trouvé le moyen de signer un contrat comme agent libre avec l’Océanic de Rimouski, la saison dernière, où il a même disputé une rencontre.

«Ce genre de joueur à éclosion tardive sont souvent repêchés très tôt dans notre encan. Ceci dit, le taux de réussite d’un choix à notre encan est assez faible. Quand une équipe parvient à avoir deux ou trois joueurs de chaque cuvée dans son alignement, elle se situe au-dessus de la moyenne», ajoute George MacIntyre.

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