PNH | Un an de Paraison : les 26 chefs de gangs tiennent encore le terrain, routes nationales inaccessibles et répression syndicale
PNH — Bilan d’un an de Paraison : règne persistant des gangs, routes nationales inaccessibles et répression syndicale
Installé le 8 août 2025 par le Conseil présidentiel de transition (CPT) ex-nihilo à la tête de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison achève sa première année avec un bilan jugé largement négatif par plusieurs organisations de défense des droits humains. Aucun des 26 principaux chefs de gangs présentés comme des « généraux » dans leurs propres structures criminelles, n’a été arrêté ou neutralisé, malgré la multiplication des opérations policières et le recours répété aux drones à charge explosive.
L’un de ces chefs est même parvenu à exiger la dissolution d’une brigade de vigilance à Mirebalais et à obtenir gain de cause, illustration de la capacité persistante des groupes armés à imposer leurs conditions sur certains territoires. Aucune route nationale n’a, par ailleurs, été entièrement libérée, tandis que plusieurs organisations dénoncent également une répression syndicale devenue, selon elles, récurrente au sein de l’institution policière.
Plusieurs événements graves ont marqué les premiers mois du commandement d’André Jonas Vladimir Paraison. Le 19 août 2025, plusieurs policiers ont notamment été tués à Kenscoff au cours d’une opération impliquant des drones à charge explosive pilotés par la task force. Dans l’Artibonite, les massacres attribués aux hommes du gang « Gran Grif » ainsi que les attaques répétées contre des autobus circulant sur la route nationale no 1 continuent d’alimenter les interrogations sur la capacité du directeur général à reprendre durablement le contrôle des principaux axes stratégiques du pays, selon des organismes de défense des droits humains.
Les attentes placées dans l’ancien coordonnateur de la sécurité du Palais national sont, jusqu’ici, loin d’avoir été satisfaites. Plusieurs de ses engagements sont restés sans traduction opérationnelle. Trois mois après sa prise de fonction, André Jonas Vladimir Paraison avait notamment annoncé le transfert du quartier général de l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO) à Croix-des-Bouquets. La promesse demeure sans effet visible sur le terrain, alors que le gang « 400 Mawozo » continue d’exercer une forte emprise sur la commune. Plus récemment, Wilson Joseph, alias « Lanmò Sanjou », a annoncé la création d’une structure baptisée « Bawon Laplèn » (UBP), présentée comme un nouveau défi lancé à l’autorité policière.
Celui qui avait scandé « opération, opération et opération » pour afficher une nouvelle dynamique au sein de la PNH peine, un an plus tard, à matérialiser cette doctrine par une reconquête territoriale durable. Croix-des-Bouquets, Carrefour, Cabaret, Liancourt, Marchand-Dessalines, Montrouis, Lachapelle, Mirebalais et Saut-d’Eau figurent parmi les 23 communes et localités signalées comme totalement ou largement contrôlées par des groupes criminels affiliés à la coalition « Viv Ansanm », selon plusieurs sources de la société civile et organisations spécialisées.
L’exercice du droit syndical au sein de la PNH constitue un autre point de tension. Le cas de l’inspecteur Garry Jean-Baptiste, coordonnateur du Syndicat de la Police nationale d’Haïti (SPNH-17), est présenté par ses soutiens comme emblématique d’une politique de répression syndicale sous l’administration Paraison. Installé en France pour poursuivre des études, l’inspecteur aurait vu sa promotion annulée ainsi que les allocations destinées à sa formation suspendues.
Malgré les ressources engagées par l’État pour renforcer les capacités opérationnelles de la PNH, notamment l’augmentation des effectifs à travers le programme P4000 et l’acquisition de nouveaux équipements, les douze premiers mois d’André Jonas Vladimir Paraison à la tête de l’institution restent marqués par l’absence de reconquête durable de plusieurs territoires, la persistance des attaques sur les grands axes routiers et l’incapacité à neutraliser les principaux chefs de gangs qui continuent de défier ouvertement l’autorité de l’État.
Articles similaires
Crédit: Lien source