A l’horizon 2030, l’élimination de la pauvreté est le premier des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies. Cet objectif est intimement lié à l’égalité entre les sexes (ODD 5), qui est un puissant catalyseur pour réduire la pauvreté et promouvoir le développement durable (ONU Femmes, 2024).
Au Bénin, malgré des efforts pour améliorer l’accès à l’éducation et réduire les inégalités entre les genres, des écarts persistent (Commission de la CEDEAO, 2025). Ces inégalités sont souvent exacerbées par des normes sociales et des structures économiques qui marginalisent les femmes dans les sphères économiques et domestiques (Kolovich, Malta, Newiak, & Zafar, 2024).
L’éducation est fréquemment vue comme un levier puissant pour réduire la pauvreté et améliorer les conditions des femmes (Sen, 2000 ; Nussbaum, 2012). Dans ce cadre, l’élévation du niveau d’instruction pourrait être un moyen de renforcer le pouvoir décisionnel des femmes, notamment sur la gestion de leurs revenus, leur accès au marché du travail et la possession de biens matériels. Cependant, une telle relation n’est pas toujours évidente, car les inégalités structurelles peuvent empêcher une redistribution équitable des bénéfices économiques de l’éducation.
Ce travail analyse les disparités de genre et les pesanteurs socio-culturelles qui freinent l’autonomie des femmes au Bénin, et démontre l’importance de l’éducation supérieure dans la vie des femmes à partir des données de l’enquête Afrobarometer.
Les résultats de l’analyse mettent en évidence des inégalités persistantes entre les femmes et les hommes en matière d’éducation, d’emploi et de bien-être. Les femmes sont moins nombreuses à atteindre les niveaux d’enseignement secondaire et post-secondaire et restent plus souvent que les hommes sans instruction formelle, même si le taux de femmes sans éducation formelle a diminué au cours de la dernière décennie. Elles sont également moins nombreuses à occuper un emploi.
Ces inégalités se reflètent aussi dans l’autonomisation des femmes, qui sont moins susceptibles que les hommes de prendre seules des décisions concernant la gestion de leurs revenus et à posséder des actifs.
Les analyses montrent que l’accès à l’éducation, notamment au niveau post-secondaire, constitue un facteur déterminant du bien-être, en particulier pour les femmes. Toutefois, même à caractéristiques comparables (éducation, âge et milieu de résidence), les femmes demeurent moins susceptibles que les hommes d’appartenir au groupe présentant un niveau de bien-être supérieur.
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