Prise en charge des troubles psychiatriques : les détenus de Guadeloupe et d’Outre-mer privés d’unité spécialisée
Non, les détenus de Guadeloupe qui nécessitent des soins psychiatriques en hospitalisation complète ne bénéficieront pas (encore) d’une Unité Hospitalière Spécialement Aménagée (UHSA). Dans ses colonnes en ligne, le journal spécialisé Hospimedia revient sur une séquence de l’Assemblée nationale à ce propos. Il s’avère que les nombreuses demandes de création d’UHSA dans l’archipel sont toujours restées lettres mortes. La dernière en date, c’était le 12 mai ; elle n’a guère suscité de réaction concrète de la part du gouvernement, malgré la situation de crise dans le secteur pénitentiaire en Outre-mer et particulièrement en Guadeloupe.
La prise en charge psychiatrique des détenus en question
En Outre-mer, les détenus souffrant de troubles psychiatriques ont, comme partout ailleurs, droit à une prise en charge adéquate. Seulement voilà : on dénombre, à ce jour, neuf UHSA en France, toutes dans l’Hexagone, soit à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Orléans, Rennes, Toulouse et Villejuif.
Le 12 mai dernier, le député guadeloupéen Elie Califer, interrogeait le gouvernement : ”quand disposerons-nous d’une unité hospitalière spécialement aménagée ?”
Dans sa réponse, le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur Jean-Didier Berger a botté en touche ; il a simplement évoqué des réparations et aménagements prévus.
Pour la Guadeloupe, la deuxième délégation de crédits du fonds de modernisation et d’investissement en Santé représente une enveloppe de 243.400 euros, notamment pour des mises aux normes en psychiatrie. Il s’agit par exemple de rendre individuelles des chambres jusque-là doubles ou triples.
En 2024, un autre député guadeloupéen, Max Mathiasin, proposait une unité commune aux Antilles-Guyane. C’était une approche soulevée dès 2018, par l’Inspection générale des affaires sociales et son homologue de la Justice. Pas de réponse du Gouvernement.
Des prisons sous-dotées
En Outre-mer, la situation des prisons est critique. Le 30 avril 2026, le tribunal administratif ordonnait des mesures d’urgences à Baie-Mahault. Avant cela, en janvier, le contrôleur général des lieux de privation de liberté rapportait des observations qui, selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme, présument d’une violation des droits fondamentaux. La surpopulation carcérale, le manque d’espace et d’hygiène, les violences répétées, le non-respect des droits des mineurs et le manque de personnel sont régulièrement dénoncés par les syndicats et les observateurs.
Si le respect des droits des personnes détenues interroge, le sujet pose aussi la question de la sécurité des personnels, alors que les bagarres et agressions se multiplient.
Trois nouvelles unités sont prévues dans la deuxième délégation de crédits du fonds de modernisation et d’investissement en Santé. Toutes dans l’Hexagone.
BON A SAVOIR/ Mardi après-midi (26 mai 2026), le préfet, la procureure de la République de Pointe-à-Pitre, le directeur territorial de la police nationale, le commandant de gendarmerie et le directeur général du Centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe co-signeront la convention ”police-justice-hôpital”. Ce document rassemble les modalités de ”coopération entre les acteurs de la sécurité, de la justice et de la santé”, pour ”améliorer la sécurisation de l’ensemble des services”.
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