Procès d’Ary Chalus : le point sur ce qui est reproché à l’actuel président de la Région Guadeloupe

Les jours à venir seront décisifs pour Ary Chalus, ancien maire de Baie-Mahault, ancien député et actuel président de la Région Guadeloupe. L’homme politique se retrouvera les 24, 25 et 29 juin prochains devant le tribunal judiciaire de Paris, dans un dossier de détournement présumé de fonds publics. Une des informations à retenir est que la ville de Baie-Mahault s’est portée partie civile dans cette affaire, comme l’avait annoncé Michel Mado, le nouveau maire de Baie-Mahault, sur les ondes radio de Guadeloupe La 1ère, le 20 avril dernier.

En début d’année, le parquet national financier s’était ému que la collectivité de Baie-Mahault, victime présumée dans ce dossier, ne s’était pas portée partie civile. Depuis, il y a une nouvelle majorité, élue lors des dernières élections municipales.

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Ary Chalus, sa fille et sa compagne

Ary Chalus comparaîtra à partir de mercredi devant la 32ème chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, aux côtés de deux autres prévenues, soupçonnées d’avoir bénéficié d’emplois fictifs.

Nathalia Chalus, la fille de l’élu, présentée comme ayant été employée à plein temps chez Logadom (une entreprise parisienne spécialisée dans la programmation informatique), tout en étant rémunérée en partie comme collaboratrice parlementaire, est poursuivie pour recel de détournement de fonds publics. Il lui est reproché d’avoir perçu 67.861,92 euros, ainsi que des frais de déplacement évalués à 6.580 euros.

Francette Gourdine-Bachou, la compagne du président de Région, également mentionnée dans la procédure, est renvoyée pour des faits similaires de recel, portant sur 27.603,60 euros de rémunération et 9.919 euros de frais de voyage.

Ary Chalus affirme que, de 2012 à 2017, sa fille et sa compagne ont fourni un travail conséquent.

Tous trois sont présumés innocents.

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Des « erreurs« , selon le mis en cause

Nos confrères du Courrier de Guadeloupe ont publié deux enquêtes sur cette affaire.

L’affaire, selon le site d’investigation, comporte deux volets. Il est d’abord question de l’utilisation des frais de mandat de député d’Ary Chalus et les emplois présumés fictifs de ses deux proches, à l’Assemblée nationale. Le deuxième volet concerne les remboursements de frais de missions à Ary Chalus, député-maire de la commune jusqu’en 2015, par la commune de Baie-Mahault ; ce, alors même que ces dépenses auraient été payées par ces frais de mandats de parlementaire. Sur ces remboursements indus, Ary Chalus affirme qu’il s’agit « d’erreurs« . Il a remboursé à la ville 33.000 euros en 2023, selon le Courrier de Guadeloupe. Reste un peu plus de 14.431 euros, que la commune entend récupérer aujourd’hui. Baie-Mahault réclame aussi un euro de dommage et intérêts, au titre du préjudice moral.

Dans sa deuxième enquête Pierre-Edouard Picord dresse l’inventaire des dépenses que le Parquet National Financier reproche à Ary Chalus. Le journaliste y brosse aussi la ligne de défense de l’homme politique.

L’Assemblée nationale, partie civile, réclame plus de 208.300 euros à Ary Chalus. L’ancien député aurait volé au secours des plus démunis : des sommes auraient ainsi été versées à des particuliers et des associations, le rapatriement sanitaire d’une jeune fille atteinte du Zika à soigner d’urgence à Paris aurait été financé, des repas auraient été offerts à des sans-abri, ou encore le soutien scolaire d’un jeune garçon. Le tout payé par les 5.300 euros mensuels d’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM). Il y a aussi eu de coûteuses réceptions, des fêtes de quartiers, des frais de communication ou encore des équipements divers. Là encore, Ary Chalus met en avant des « erreurs« . L’IRFM a véritablement été cadré après 2012. L’homme politique met en avant sa bonne foi. Il ne savait pas que cette enveloppe n’était pas destinée à venir en aide. Et ses avocats martèlent, il ne s’agit pas de clientélisme, puisque ce sont des actions sans contreparties.

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À noter que la date de la convocation d’Ary Chalus devant le tribunal parisien était connue depuis début mars. C’est cette même date du 24 juin, qu’a choisie après-coup le président du Département Guy Losbar, pour organiser le Congrès de l’eau en Guadeloupe.

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