Procès d’Éric Jalton : du sursis, 30 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité requis contre l’élu
Après douze ans de procédure et plusieurs reports, le procès d’Éric Jalton s’est ouvert ce mardi 21 avril à Pointe-à-Pitre.
Le maire des Abymes, poursuivi pour corruption et faux en écriture dans le cadre de sa campagne de 2014, a opposé son droit au silence lors d’une première matinée d’audience particulièrement électrique.
Décision attendue le 30 juin pour Jalton
Malgré de nouvelles tentatives de renvoi formulées par la défense, les juges ont décidé de traiter le fond de l’affaire concernant Éric Jalton et son ancien mandataire financier, Frantz Vélayoudom.
Les réquisitions sont tombés ce mardi : le procureur demande une peine de 18 mois de prison avec sursis et 30 000€ d’amende, ainsi qu’une peine d’inéligible pendant 5 ans.
Frantz Vélayoudom fait face à la réquisition suivante : 10 mois de prison avec sursis.
La décision du tribunal correctionnel sera connue le 30 juin 2026 pour le maire des Abymes dans le cadre de son procès.
Une ouverture d’audience sous tension
Le troisième prévenu, l’entrepreneur Sylvère Fifi, a vu son cas disjoint en raison d’une incapacité médicale et mentale certifiée par expertise.
L’ambiance est montée d’un cran dès les premiers échanges. Visiblement agacé, Éric Jalton a d’abord refusé de se prêter au jeu des questions-réponses : « Je ne suis pas là pour subir un interrogatoire », a-t-il lancé à la présidente.
Cette dernière a dû fermement rappeler le cadre judiciaire : « Ce n’est pas à vous de juger de la pertinence des questions posées par le tribunal ».
Si l’élu est finalement revenu à la barre, il a choisi de garder le silence face aux questions de la partie civile et du parquet.
Un système présumé de « renvoi d’ascenseur »
L’enquête, déclenchée par une plainte d’Olivier Serva en 2014, porte sur un système de financement occulte.
La justice soupçonne Éric Jalton d’avoir favorisé l’octroi de marchés publics à la société de travaux de Sylvère Fifi.
En contrepartie, l’entrepreneur aurait réglé directement environ 35 000 € de dépenses électorales (imprimerie, tee-shirts, matériel de campagne).
De son côté, Frantz Vélayoudom est soupçonné d’avoir produit de fausses factures pour masquer ces opérations. Le préjudice global est estimé à 1,2 million d’euros.
« Je n’ai accordé aucun marché de manière illicite »
Pour sa défense, le maire des Abymes nie en bloc toute irrégularité et dénonce un acharnement judiciaire :
« Ce qui intéresse le parquet, c’est la tête d’Éric Jalton. J’aimerais avoir confiance en la justice de mon pays. »
Ses avocats ont également soulevé des points de procédure, rappelant que la plainte initiale avait été déposée quelques jours seulement avant le scrutin de 2014, alors que la loi interdit normalement les poursuites contre un candidat avant la proclamation des résultats.
Après une matinée consacrée aux questions de procédure et à l’interrogatoire (écourté) des prévenus, les plaidoiries et les réquisitions ont débuté ce mardi après-midi.
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