Vêtu d’un T-shirt à l’effigie d’Alicia Faye et d’une casquette bleue ornée d’un grand « R » blanc, Bernard Faye a fait le déplacement seul depuis la Gironde jusqu’en Guyane pour assister au procès de sa fille. Un trajet long, lourd de sens pour ce père qui se décrit comme un homme « résilient » face à l’épreuve.
« Je ne déteste pas la Guyane »
À partir de ce lundi 1er juin s’ouvre, pour cinq jours, devant la cour d’assises de Guyane, le procès pour meurtre de la Bordelaise de 25 ans au moment des faits. Le drame remonte à la nuit du 12 au 13 mars 2021, à Cayenne. La jeune femme, entraînée dans un réseau de trafic de cocaïne, avait été abattue moins de 24 heures après son arrivée sur place.
Pour Bernard Faye, sa présence à ce procès relève avant tout de son : « devoir de père, pour honorer ma fille et surtout parler d’elle, de ses valeurs. Malheureusement, mon épouse, qui souhaitait être présente, n’a pas pu venir car elle se bat depuis deux ans contre le cancer. De plus, les gens ont dit que je n’aimais pas la Guyane, c’est faux. Je ne déteste pas la Guyane, juste les monstres qui ont fait ça à ma fille. »
Il insiste sur l’image qu’il garde de sa fille et sur l’injustice ressentie face à sa mort : « Peu importe ce qu’elle a fait, elle ne méritait pas ça ! Alicia, c’était notre dernière fille à mon épouse et moi. Elle était pétillante, attachante, souriante. Elle aidait beaucoup de monde dans notre région. On nous a arraché notre fille et c’est impardonnable », confie-t-il, avant d’ajouter : « C’était important qu’on me voit à ce procès, que je voie ces monstres et que je leur dise qui était ma fille. »
Le principal suspect en fuite
Trois accusés doivent comparaître pour meurtre, complicité de meurtre et vol aggravé en réunion des effets personnels de la victime. Toutefois, « sans trop de surprise, il ne devrait y en avoir que deux présents devant la cour d’assises », le principal suspect étant toujours en fuite.
Ce dernier, Dane L., incarcéré à Cayenne, avait bénéficié le 16 octobre 2024 d’une sortie de prison sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès, avant de disparaître dès le lendemain.
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Interrogé sur sa confiance dans la justice, notamment après les rebondissements du volet trafic de stupéfiants jugé fin 2024 par le tribunal judiciaire de Cayenne [qui a abouti à des peines allant de quatre à dix ans d’emprisonnement, NDLR] Bernard Faye affirme malgré tout croire en la justice française : « Il y a eu pas mal de choses qui se sont passées et qui nous ont déçus. On sait qui sont les principaux coupables de l’exécution de ma fille. J’espère qu’ils auront de lourdes peines. »
Au-delà des sanctions, le père de la victime cherche surtout des réponses : « Je veux comprendre pourquoi ils ont fait ça à ma fille. Ils ont détruit ma famille. Mon épouse et mes autres filles sont détruites. Même si je parais tenir debout, je pleure tous les soirs. Je ne veux pas de leur pardon, il faut qu’ils reconnaissent ce qu’ils ont fait à ma fille. »
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