Qu’est-ce que cette épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a de particulier? La réponse en graphiques.

L’épidémie du virus Ebola qui touche la République démocratique du Congo continue de sévir. Après avoir déclenché dimanche une alerte sanitaire internationale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a jugé que le risque épidémique de cette 17e éclosion de la maladie mortelle dans ce pays d’Afrique centrale est élevé aux niveaux national et régional, mais faible au niveau mondial. Regard en graphiques et en carte.

Où se situe l’épidémie ?

Pour le moment, les seuls cas confirmés ou soupçonnés du virus Ebola ont été recensés dans l’est de la République démocratique du Congo, ainsi que dans la ville de Kampala, en Ouganda. Ce dernier pays est toutefois moins affecté que son voisin : en date de jeudi, l’on y compte seulement deux cas et un décès. Selon l’OMS, les deux personnes malades étaient en République démocratique du Congo avant d’arriver en Ouganda.

En République démocratique du Congo (RDC), c’est dans la province d’Ituri que les premiers cas ont été répertoriés. Cette dernière partage une frontière avec l’Ouganda. Des cas ont ensuite été recensés dans la province de Nord-Kivu, puis, jeudi, dans celle voisine de Sud-Kivu.

Les deux provinces sont séparées par les lignes de front du conflit entre les forces congolaises et le groupe armé antigouvernemental M23.

Dans son dernier rapport, daté du 18 mai dernier, l’OMS faisait état de 516 cas suspectés et de 33 cas confirmés en République démocratique du Congo. On recense également 131 décès soupçonnés d’être survenus à cause d’Ebola et 4 pour lesquels le rôle de la maladie a été confirmé.

Dans un bilan publié jeudi, l’Institut national de santé publique de la RDC rapportait 160 morts et près de 671 cas probables. Les cas confirmés d’infection au virus sont aussi en hausse, avec 64 cas et 6 décès.

Que s’est-il passé lors des autres épidémies ?

Cette nouvelle épidémie du virus Ebola, plus particulièrement de la souche Bundibugyo, n’est pas la première. Dans l’histoire humaine, c’est en écrasante majorité en Afrique que la maladie s’est propagée, puisqu’elle ne se transmet pas par l’air comme d’autres maladies virales (l’influenza, la COVID-19), mais bien par contact direct avec des liquides biologiques infectés.

Le premier foyer d’Ebola fut identifié en 1976 en République démocratique du Congo et au Soudan. Son nom vient d’ailleurs d’une rivière congolaise située proche du premier foyer.

Lorsque l’on observe les épidémies d’Ebola des 50 dernières années, l’une d’entre elles détonne tout particulièrement : celle de 2014. Touchant principalement l’Afrique de l’Ouest, plus précisément la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone, plus de 28 000 cas avaient été recensés et près de 11 500 personnes en étaient mortes. Ce fut l’épidémie d’Ebola la plus dévastatrice.

La souche responsable de cette épidémie était la souche Zaïre. En raison de l’ampleur des infections, des traitements ont été développés contre cette souche, mais pas contre les autres. En 2014, des cas ont aussi été répertoriés ailleurs en Afrique, mais aussi de manière limitée dans des pays comme les États-Unis (4) ou l’Espagne (1).

La dernière fois que la République démocratique du Congo fut grandement touchée par l’Ebola, c’était lors de l’épidémie qui s’est déroulée de 2018 à 2020 — la deuxième plus grande éclosion du virus. Son bilan s’est établi à plus de 3000 cas et plus de 2000 morts. À l’époque, les provinces d’Ituri et de Nord-Kivu étaient aussi les principaux foyers.

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