Résultats financiers : Stellantis va (un peu) mieux en Amérique du nord mais perd toujours de l’argent en Europe

Stellantis va un peu mieux, mais pas en Europe. Il annonce ce jeudi 30 juillet une petite amélioration globale de ses résultats. Au premier semestre, le groupe franco-italo-américain issu de la fusion de PSA et Fiat Chrysler (FCA) en 2021 affiche une marge opérationnelle, principal indicateur de rentabilité, de 2,1% (contre 0,7% un an auparavant). Avec un profit net de 670 millions (contre 2,25 milliards d’euros de perte précédemment). Et ce, grâce notamment à une amélioration des ventes de 10%. Mais le flux de trésorerie net des opérations demeure… lourdement négatif (-2,88 milliards) !

«  Le deuxième trimestre a été marqué par des progrès continus, portés par l’Amérique du nord et soutenus par d’importantes contributions de toutes les autres régions », se félicite certes le directeur général Antonio Filosa dans un communiqué. « Nous avons amélioré nos performances sur l’ensemble de nos indicateurs financiers clés », ajoute-t-il.

Faible marge outre-Atlantique

Cette embellie n’en reste pas moins toute relative. La compétitivité s’améliore en Amérique du nord, où la marge était négative l’an dernier (-3,5% sur le premier semestre).  Celle-ci-ci est désormais positive… Mais faiblement (1,6%). Les indicateurs dans cette région sont clé. L’Amérique du nord, historiquement pourvoyeuse des marges de Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) puis de Stellantis est, de loin, le premier débouché du groupe avec 824 000 livraisons sur le semestre.

D’ailleurs, Stellantis a promis d’y consacrer 60% de ses futurs investissements selon le plan stratégique FaSTLAne 2030 dévoilé en mai dernier. Et ce, alors que le reste du monde s’en arrogera seulement 40% ! « C’est notre plus grosse opportunité en termes de croissance et de profits », soulignait il y a deux mois Antonio Filosa en présentant sa feuille de route. 

Marge négative en Europe

En Europe, Stellantis perd de l’argent. La marge y demeure obstinément négative (-0,3%), quasiment au niveau de la même période en 2025. Et ce, malgré une petite hausse des livraisons à 1,4 million d’unités. Le chiffre d’affaires n’y a progressé que de 1%.

Le groupe est de fait sauvé par l’Amérique du sud, point fort historique de Fiat qui vient de fêter ses cinquante ans de présence au Brésil. Avec une marge semestrielle de 10%, laquelle s’affiche néanmoins en baisse par rapport aux 15,3% des six mois correspondants en 2025.  Les livraisons y sont stables à 472 000 véhicules.

La zone Moyen-Orient-Afrique (243 000 unités) affiche pour sa part une marge de 12,3% (15,5% il y a un an).

La marge globale du groupe Stellantis au premier semestre se situe nettement au-dessous de celle de Renault Group, qui a annoncé mercredi soir 5,2% pour le premier semestre de l’année (3% pour les seules activités automobiles), mais aussi de GM (4,3%), Volkswagen (3,8%) ou BMW (3,6%). Stellantis fait toutefois mieux que Mercedes-Benz (voitures particulières, 1,9%). Ou Ford (1,3%). Sur l’ensemble de l’année, Stellantis réitère ce jeudi qu’il prévoit une marge « faible » du groupe.

22 milliards de provisions

Stellantis a pourtant une certaine latitude pour améliorer ses résultats. Le consortium avait en effet passé des charges exceptionnelles d’environ… 22 milliards d’euros dans ses résultats du second semestre 2025 ! Il est certes de bonne guerre pour un nouveau patron, en l’occurrence Antonio Filosa, de charger la barque du précédent, Carlos Tavares. Pour montrer à quel point le directeur général antérieur était censément… médiocre et afficher logiquement dans les années suivantes de très bons résultats illustrant le redressement ! Un classique. Il n’empêche. Les sommes avancées étaient colossales ! Mais, au vu des résultats du premier semestre 2026,  cela n’induit pas une forte amélioration cette année !

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