Risque d’Ebola en République démocratique du Congo : niveau « très élevé » à l’échelle nationale, selon l’OMS
Une épidémie en forte progression
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué, le 22 mai, que l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) présente désormais un risque « très élevé » au niveau national, avec 82 infections confirmées à ce jour.
S’exprimant lors d’une conférence de presse, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que l’épidémie « se propage rapidement » en RDC, tout en précisant que le risque pour la santé publique demeure faible à l’échelle mondiale.
« Nous révisons désormais notre évaluation du risque à un niveau très élevé au plan national, élevé au niveau régional et faible au niveau mondial », a-t-il déclaré aux journalistes. « Mais nous savons que l’épidémie en RDC est bien plus vaste. »
L’OMS a déclaré l’épidémie d’Ebola « urgence de santé publique de portée internationale » le 17 mai. Celle-ci est due à la souche rare Bundibugyo, pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement approuvé.
Au moins 82 cas ont été confirmés en RDC à ce jour, dont sept décès. Près de 750 cas suspects et 177 décès suspects sont également recensés, selon Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Une propagation régionale sous surveillance
Deux cas confirmés ont été signalés en Ouganda, dont un décès. Selon le directeur général de l’OMS, la situation y reste stable et des mesures ont été mises en place pour freiner la propagation du virus.
« Les mesures prises en Ouganda, notamment un traçage intensif des contacts et l’annulation de la commémoration de la Journée des martyrs, semblent avoir été efficaces pour empêcher une propagation supplémentaire du virus », a-t-il précisé.
Un ressortissant américain travaillant en RDC a été testé positif au virus et transféré en Allemagne afin d’y recevoir des soins. Les autorités n’ont pas précisé la nature de son activité.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a indiqué que l’OMS avait connaissance d’informations selon lesquelles un autre ressortissant américain, considéré comme « contact à haut risque », a été transféré en République tchèque, sans donner davantage de détails.
Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont indiqué, le 17 mai, coordonner les efforts visant à rapatrier « un petit nombre » d’Américains directement affectés par l’épidémie, sans qu’il soit précisé combien de personnes sont concernées.
« Le CDC a activé son centre d’intervention d’urgence pour cette épidémie », a déclaré le Dr Satish Pillai, responsable de la réponse à Ebola au CDC, lors d’une conférence de presse le 17 mai.
Selon lui, le CDC apporte son soutien à la RDC et à l’Ouganda en matière de surveillance, de traçage des contacts, d’analyses en laboratoire, ainsi que de mesures de prévention et de contrôle des infections.
Symptômes et caractéristiques du virus
Selon l’OMS, l’Ebola est causé par un orthoebolavirus et se transmet par contact avec le sang ou les fluides corporels de personnes infectées. La souche Bundibugyo avait déjà provoqué des épidémies en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012.
Les premiers symptômes peuvent inclure de la fièvre, de la fatigue, des douleurs musculaires, des maux de tête et des maux de gorge. Ils peuvent ensuite évoluer vers des vomissements, des diarrhées, des douleurs abdominales, ainsi qu’une altération des fonctions rénales et hépatiques.
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