Risques psychosociaux au travail : « 840 000 décès par an » dans le monde selon l’ONU… en Martinique, l’Aract entend « approfondir ces questionnements »

Dans beaucoup d’organisations privées et publiques, on entend parler de « burn-out », de « dépression » ou de « droit de retrait », souvent à cause de « mauvaises conditions de travail ». En Martinique comme ailleurs, c’est l’une des préoccupations majeures des organisations syndicales ou de l’instance représentative du personnel (le CSE), en fonction de l’effectif.

Dans les entreprises de plus de 300 salariés, le rôle de la Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail – ex-CHSCT (désignée par Comité Social et Economique), consiste notamment à « défendre l’emploi et les conditions de travail des salariés, veiller à la préservation de leur santé et de leur sécurité ». En dépit de ces dispositifs légaux, force est de constater que certaines situations en interne restent très complexes, lesquelles peuvent engendrer des risques psychosociaux.

« Cinq grands facteurs de risques »

Le nouveau rapport de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), montre comment une activité « mal conçue ou mal gérée » peut nuire à la santé des travailleurs et à l’économie.

« Le chiffre de plus de 840.000 décès par an, repose d’abord sur la prévalence mondiale de cinq grands facteurs de risques psychosociaux au travail : la tension professionnelle (fortes exigences associées à un faible contrôle), le déséquilibre efforts-récompenses, l’insécurité de l’emploi, les longues heures de travail, ainsi que le harcèlement et les violences au travail (…). Ils entraîneraient en outre des pertes économiques équivalentes à 1,37 % du produit intérieur brut (PIB) mondial chaque année. »

Manal Azzi, responsable de l’équipe de sécurité et santé au travail, à l’OIT

Mardi 21 avril dernier, l’Aract-Itt Martinique a animé un atelier de réflexion sur le travail et la santé mentale (cause nationale pour la seconde année consécutive), l’occasion d’appréhender le lien entre équilibre psychique et conditions de travail et d’emploi. L’Agence locale a choisi de s’y intéresser en soulignant « les déterminants salutaires et délétères que revêt le travail », à travers un regard croisé et pluridisciplinaire.

« Un contexte socio-économique et culturel dont il convient de tenir compte »

« Les transformations du monde du travail avec, entre autres, des pressions accrues, une hyper-connectivité, des changements organisationnels, des « urgences » récurrentes et bien d’autres manifestations s’inscrivent, en Martinique, dans un contexte socio-économique et culturel dont il convient de tenir compte, pour appréhender les questions relatives au travail réel et à ces effets sur l’individu, le collectif et la performance organisationnelle. »

anact.fr

Tous ces paramètres « peuvent créer des environnements de travail nocifs s’ils ne sont pas correctement pris en compte », avertit l’OIT. Voilà pourquoi l’Aract-Itt de Martinique « s’est donnée pour mission d’approfondir ces questionnements durant ses travaux à venir ».

Le prochain rendez-vous avec des référents en ressources humaines, des manageurs, des professionnels de la santé et des sociologues, est d’ores et déjà prévu d’ici à la fin de cette année 2026. Le public sera une fois de plus invité à participer à ce temps d’échange, afin de mieux prévenir et anticiper les risques psychosociaux sur le lieu de travail.

  • Pour aller plus loin, suivez cette vidéo de l’Anact sur le sujet

Santé mentale et travail : des clés pour agir en prévention des risques psychosociaux proposées par l’Anact (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) lors d’un webinair réalisé en juin 2025. · ©anact.fr

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