Le Togo, le Sénégal et le Bénin ont officiellement lancé, vendredi à Lomé, un dispositif de free roaming destiné à réduire fortement les frais d’itinérance entre leurs territoires. Une avancée présentée comme à la fois technique, économique et politique, au service d’une intégration numérique ouest-africaine plus concrète.
Une nouvelle étape a été franchie dans la construction du marché numérique ouest-africain. Réunis dans la capitale togolaise en marge de la 23e assemblée générale de l’Association des régulateurs des télécommunications (ARTAO), qui regroupe les 12 pays de la CEDEAO, les trois de l’AES et la Mauritanie, les régulateurs des télécommunications du Sénégal, du Togo et du Bénin ont officialisé, ce vendredi 24 avril, l’entrée en vigueur du free roaming entre le Sénégal et le Togo, d’une part, et entre le Sénégal et le Bénin, d’autre part.
À travers ces accords, les trois pays entendent alléger durablement le coût des communications pour les voyageurs de la sous-région, en réduisant les surcoûts liés à l’itinérance mobile et en facilitant l’accès aux services voix et data.
Une mesure concrète pour les usagers
Pour la partie togolaise, cette mise en œuvre marque une avancée tangible dans la mobilité numérique régionale. Le directeur général de l’ARCEP Togo, Michel Yaovi Galley, y voit « une nouvelle étape importante » dans le processus d’intégration communautaire.
Au-delà du cadre institutionnel, la mesure doit surtout produire des effets immédiats pour les citoyens : les appels reçus seront gratuits pendant les trente premiers jours de séjour, tandis que l’accès à internet mobile sera proposé à des tarifs nettement plus abordables. L’on évoque une baisse de tarif allant jusqu’à 5000 fois moins chers.
Pour le responsable togolais, la baisse des coûts d’itinérance ne relève pas seulement d’un ajustement commercial. Elle participe d’un mouvement plus large visant à rapprocher les populations, à fluidifier les échanges et à renforcer les dynamiques économiques dans l’espace communautaire.
Une ambition politique au-delà de la technique
À Dakar, l’initiative est également présentée comme un signal fort. Le directeur général de l’ARPT Sénégal, Thiam Dahirou, a qualifié l’entrée en vigueur de ce roaming d’« étape historique » dans la construction d’un espace régional intégré.
Pour le Sénégalais, ces accords dépassent largement la seule question tarifaire ou technique. Ils traduisent une vision politique : celle d’une Afrique de l’Ouest plus solidaire, mieux interconnectée et résolument tournée vers l’avenir.
Le responsable a, dans le même mouvement, plaidé pour un approfondissement de la coopération régionale sur d’autres chantiers jugés stratégiques, notamment l’encadrement des technologies émergentes et la gestion des litiges transfrontaliers.
Le défi de l’application effective
Dernier à prendre la parole lors de la cérémonie de présentation officielle, le secrétaire exécutif de l’ARCEP Bénin, Coovi Hervé Guedegbe, qui a insisté sur la nécessité de transformer les engagements en résultats visibles. Pour le Béninois, les textes signés ne doivent pas rester des instruments administratifs sans effet, mais devenir de véritables leviers d’amélioration du quotidien numérique des populations.
Il a réaffirmé la volonté commune du Bénin, du Sénégal et du Togo de garantir le succès opérationnel du dispositif, tout en se disant prêt à accueillir une prochaine évaluation des accords.
Vers un marché numérique sans barrières tarifaires
Présentés comme des accords harmonisés entre régulateurs et opérateurs, ces mécanismes visent une baisse réelle et mesurable des tarifs d’itinérance. Les explications techniques fournies au cours de la cérémonie ont mis en avant une volonté partagée : aller au-delà de la stricte conformité réglementaire pour obtenir un impact concret sur les appels vers le pays d’origine et sur l’usage de l’internet mobile.
À Lomé, le message des trois pays est sans ambiguïté : l’intégration numérique ouest-africaine passera aussi par l’effacement progressif des frontières tarifaires. Une manière, pour les États engagés dans ce partenariat, de faire du roaming communautaire non plus une promesse institutionnelle, mais un outil quotidien de circulation, d’échange et de rapprochement entre les peuples.
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