Sargasses : les maires des communes touchées unissent leurs efforts pour mieux lutter contre les échouements

Comment mieux faire face aux échouements massifs de sargasses ? C’est autour de cette question que plusieurs maires de Guadeloupe se sont retrouvés, ce mercredi (15 juillet), à Petit-Bourg, à l’invitation du maire David Nébor. Cette réunion de travail, une première à l’échelle des quinze communes concernées, visait à permettre aux élus d’échanger sur les dispositifs déjà expérimentés sur leur territoire et d’envisager des solutions communes.

À l’issue des échanges, les participants ont embarqué pour une visite en mer afin d’observer les installations mises en place par la commune de Petit-Bourg, notamment les barrages installés à Pointe-à-Donne-Arnouville et à Pointe-à-Bacchus-Vinaigrerie.

Partager les expériences de terrain

Pour Marianne Grandisson, conseillère municipale au développement durable de Sainte-Anne et vice-présidente de la Riviera du Levant, cette rencontre répond à un véritable besoin de coopération.

« Entre élus, il faut que nous échangions nos expérimentations. Les quinze communes sont concernées, chacune avec ses particularités, mais nous avons des expériences que nous pouvons mutualiser. Le cas de Petit-Bourg est très riche : la commune a connu des difficultés, a su corriger certaines erreurs et peut aujourd’hui partager les enseignements tirés de cette expérience. »

Marianne Grandisson, conseillère municipale au développement durable de Sainte-Anne et vice-présidente de la Riviera du Levant

Jean-Philippe Courtois, maire de Capesterre Belle-Eau, estime qu’aucune commune ne peut supporter seule les investissements nécessaires.

« Chaque ville ne pourra pas investir cinq millions d’euros pour protéger son territoire. Il faut mutualiser les dispositifs, intervenir en priorité sur les secteurs les plus exposés afin de protéger la population et les activités économiques. Cela passe aussi par le partage de matériels comme les barges, les aspirateurs ou d’autres équipements. »

Jean-Philippe Courtois, maire de Capesterre Belle-Eau

Pour David Nébor, maire de Petit-Bourg, cette première réunion marque une étape importante dans la lutte contre les sargasses.

« Nous avons besoin de cet échange d’expérience. Chaque commune possède un niveau d’expérience différent. Il est important de partager ce qui fonctionne, mais aussi les limites des dispositifs existants. Les solutions d’hier ne sont plus adaptées à ce que nous vivons aujourd’hui. Nous devons également structurer de nouvelles demandes auprès de l’État et de l’Europe afin d’obtenir des moyens financiers, administratifs et réglementaires à la hauteur des enjeux. »

David Nébor, maire de Petit-Bourg

Les réalités restent toutefois très différentes d’une commune à l’autre. À Capesterre de Marie-Galante, les essais de barrages flottants et du premier « Sargator » n’ont pas donné les résultats espérés.

« Nous avons rapidement constaté que ces dispositifs n’étaient pas adaptés à notre littoral. Aujourd’hui, nous voulons nous inspirer des solutions développées ailleurs dans la Caraïbe. Pour notre commune, un projet d’enrochement pourrait constituer une réponse plus efficace. »

Jacques Maladin, maire de Capesterre de Marie-Galante

À Terre-de-Bas également, les contraintes géographiques imposent une approche spécifique. Son maire, Gabriel Foy, souhaite poursuivre le travail engagé avec Petit-Bourg.

« La houle que nous connaissons n’est pas la même qu’à Petit-Bourg. Nous allons continuer à travailler ensemble pour trouver des solutions adaptées à notre territoire. »

Gabriel Foy, maire de Terre-de-Bas

Les élus espèrent désormais transformer ces échanges en actions concrètes et parler d’une seule voix pour obtenir des moyens supplémentaires afin de protéger les communes les plus exposées.

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