Ce mercredi matin, en plein scandale de violences dans le périscolaire, une grosse opération a été menée par les enquêteurs de la Brigade de protection des mineurs de Paris. Seize personnes « en lien avec le périscolaire » de l’école Saint-Dominique (VIIe), ont été interpellées.
L’opération intervient quelques jours seulement après l’annonce fracassante par la procureure de Paris des chiffres des affaires de violences sexuelles dans le périscolaire à Paris. Laure Beccuau avait annoncé l’ouverture d’enquêtes dans 84 écoles maternelles et une vingtaine d’écoles élémentaires. La semaine dernière, on apprenait également la mise en examen d’un animateur de l’école Bullourde, dans le XIe arrondissement. Un professionnel qui avait déjà été mis en cause et même interpellé dans le cadre d’une autre affaire, en 2024 dans une école du Xe arrondissement. La plainte avait été classée sans suite.
Depuis des mois, les enquêteurs de la Brigade de protection des mineurs planchent sur ces enquêtes. Les investigations ont suffisamment avancé pour procéder à ce vaste coup de filet.
Au total, seize personnes « en lien avec le périscolaire des écoles Saint-Dominique-Rapp-La Rochefoucauld (le périscolaire servant les trois écoles selon des fréquences différentes)» , précise le parquet ont été interpellées au petit matin. « Les personnes en garde à vue relèvent de différents statuts. 3 sont ASEM (agents spécialisés des écoles maternelles), 3 sont « REV » (responsables éducatifs de la Ville, dans les centres de loisirs). 10 sont des animateurs, contractuels. Ces enquêtes ont été ouvertes à la suite de dépôts de plaintes pour des faits de natures et de niveaux de gravité différents, reprochant pour certaines des viols, pour d’autres des agressions sexuelles ou exhibitions sexuelles, pour d’autres encore des gestes ou comportements décrits comme excessifs voire qualifiables de violences», poursuit le parquet de Paris. Plusieurs d’entre elles avaient déjà été suspendues.
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« En tant que parents de survivants, il est encore trop tôt pour que nous nous exprimions en détail, mais nous constatons que les choses commencent enfin à avancer », ont réagi les parents des victimes dans un communiqué.
Mais s’ils se disent « soulagés de voir que l’enquête progresse et que des mesures concrètes sont prises », ils sont, disent-ils, « profondément inquiets pour la suite, au regard du très faible nombre d’affaires de ce type qui aboutissent à des condamnations. Nous déplorons une nouvelle fois le manque d’information des institutions, qui laisse encore aujourd’hui les familles dans l’incertitude et l’angoisse », ajoutent-ils.
Sur place, ce mercredi, si certains parents sont soulagés, d’autres ne décolèrent pas. « On a reçu un message sans plus de détails. C’est fou, personne ne s’excuse ! », fulmine Emma*, accoudée à la rambarde en face de l’établissement. « La gestion de risque et de crise est tout simplement inexistante et abominable », martèle cette mère d’une trentaine d’années dont la fille fait partie des victimes.
« C’est un véritable fléau ce qu’il se passe ici. Aussi bien dans l’école qu’à l’échelle nationale. C’est dramatique, il n’y a pas d’autre mot », souffle Marie *, elle aussi venue chercher sa fille.
Dans l’entourage du maire de Paris, Emmanuel Grégoire (PS), on se félicite en tout cas de l’avancée de la justice dans ces dossiers. On rappelle que l’édile avait dit à la procureure la nécessaire accélération des enquêtes, « très attendue par les parents ».
78 animateurs suspendus à Paris depuis le début de l’année
Alors que le scandale a commencé à l’automne 2025, Emmanuel Grégoire (PS), à son arrivée à la tête de la mairie de Paris, a souhaité de la transparence. Il y a quelques semaines, il révélait le nombre d’animateurs périscolaires suspendus depuis le début de l’année. Au total, 78 professionnels ont été écartés dont 31 pour suspicions de faits à caractère sexuel. Des données inédites qui viennent s’ajouter au bilan déjà accablant de 2025 : une quarantaine de suspensions, dont 20 pour violences sexuelles, selon les chiffres de la mairie.
La procureure de Paris annonçait par ailleurs que cinq animateurs avaient fait l’objet d’un renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris, dont David G., animateur de l’école Alphonse-Baudin à l’origine de l’affaire qui a lancé le scandale. Son procès est prévu ce mardi 26 mai.
*Les prénoms ont été changés
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