« Si je ne retrouvais pas le bateau avec le moteur, je fermais »… le gérant d’un club de plongée des Anses-d’Arlet retrouve l’espoir de relancer son activité

L’espoir est revenu pour David Blanchard après plusieurs jours d’angoisse. Une semaine et demie après la disparition de son bateau, le « MadMax 002 », le gérant d’un club de plongée a finalement retrouvé son embarcation.

Des signalements infructueux

Quelques jours après la disparition de son bateau, le 2 juillet 2026, le chef d’entreprise implanté aux Anses-d’Arlet diffuse un appel à témoins sur les réseaux sociaux et dans les groupes de messagerie de pêcheurs.

Très vite, un premier professionnel de la mer le contacte. Il pense avoir aperçu l’embarcation dans la mangrove de Volga, près du canal, à proximité d’épaves de bateaux rouillés. Immédiatement, le moniteur de plongée souhaite vérifier l’information. Ce dernier alerte les forces de l’ordre, qui lui demandent de ne pas intervenir et l’informent qu’elles se rendront sur les lieux.

« J’ai voulu y aller, la police n’a pas voulu que j’y aille. Ils m’ont dit qu’ils y allaient. Donc ils m’ont rappelé soi-disant après y avoir été et ils m’ont dit qu’ils n’avaient rien vu du tout. »

David Blanchard, gérant d’un club de plongée aux Anses-d’Arlet

Le lendemain, David Blanchard contacte également la brigade de gendarmerie du Marin afin qu’elle vérifie cette piste. Mais la réponse est la même.

« Ils m’ont dit que pareil, ils n’avaient rien vu. Donc j’avais laissé tomber cette piste.
»

« Je me suis dit que ce n’était pas possible »

Quelques jours plus tard, un autre pêcheur le contacte. Il affirme lui aussi avoir aperçu un bateau ressemblant au sien dans le même secteur. Un nouveau signalement est transmis à la police.

« Samedi soir, un deuxième pêcheur, pas le même, qui pareil, qui m’a dit qu’il pensait avoir vu un bateau à Volga qui ressemblait au mien. Il m’a envoyé une photo, parce que comme c’était au milieu des épaves dans la mangrove, ils ne pouvaient pas s’avancer. Il m’a envoyé une photo au loin pour que je vois où c’était. J’ai rappelé la police qui m’a dit qu’ils allaient voir. Ils m’ont rappelé pour me dire qu’ils n’avaient rien vu du tout. »

David Blanchard, gérant d’un club de plongée aux Anses-d’Arlet

Convaincu par cette preuve en image, David Blanchard demande alors à un ami, propriétaire d’un bateau, de l’accompagner sur place. Très tôt lendemain, les deux hommes prennent la mer en direction de Volga. En s’approchant de la mangrove, David reconnaît son bateau.

« Je me suis dit que ce n’est pas possible, ça fait deux fois qu’on me dit ça. J’ai demandé à un ami qui a un bateau si on pouvait y aller le lendemain matin au lever du soleil. On a été par la mer, on s’est approchés. J’ai vu que c’était bien mon bateau. Il était amarré à une sorte de petite cabane de bric et de broc avec un ponton. Le bateau de mon ami ne pouvait pas trop s’accrocher, donc j’ai pris une grande corde, j’ai été jusqu’au bateau en marchant dans la vase. Je l’ai accroché et on l’a récupéré comme ça. Le matin à 5h30. »

Un bateau hors d’état de reprendre la mer

Bien que la coque flotte toujours, de nombreuses réparations sont indispensables : « remplacer l’échelle, le taud, le rack à bouteilles, acheter une bouteille d’oxygène, reconstruire le pupitre de commande, réviser le moteur et remettre le bateau en état de naviguer en toute sécurité ». Le chef d’entreprise estime leur coût à environ 10 000 euros. Il lance un appel à la solidarité pour l’aider à financer les réparations.

Au-delà des dégâts matériels, ce vol avait mis son entreprise en péril. De plus, depuis plusieurs mois, les recettes suffisaient à peine à couvrir les charges.

« Depuis le mois d’avril, la saison calme, j’ai quelques clients mais qui me servent juste à payer ma TVA, mes impôts. Depuis le mois d’avril, je ne me suis pas versé de salaire. (…) J’avais des dettes aussi du Covid sur lesquelles j’arrivais à la fin, ma dernière dette était au mois de juillet. Le club vivotait, mais je n’ai pas de fonds de roulement, je n’ai pas de droits à découvert. Quand ils m’ont volé mon bateau, si je ne retrouvais pas le bateau avec le moteur je fermais le club, tout simplement, je ne pouvais pas faire autrement, j’étais obligé de me mettre en liquidation judiciaire. »

Malgré ce coup dur, David Blanchard refuse de baisser les bras. Il espère pouvoir relancer son activité et retrouver sa clientèle. « J’ai vraiment l’envie. Mon club a 16 ans et c’est l’un des derniers petits clubs familiaux de l’île. C’est mon petit bébé », confie-t-il.

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