Soudan : le bombardement d’un tribunal au Darfour du Nord fait 35 victimes

Les civils présents dans ce tribunal coutumier de l’État du Darfour du Nord, au Soudan, « s’étaient réunis pour assister à des audiences portant sur un certain nombre d’affaires et de litiges locaux », annonce le groupe de défense des droits humains Emergency Lawyers. Le bâtiment, situé dans le village de Garra Al-Zawaya, a pourtant été bombardé dimanche 2 août, à la mi-journée, par un drone. Trente-cinq personnes sont mortes sur le coup, estime Emergency Lawyers.

L’organisation non gouvernementale (ONG) accuse l’armée régulière soudanaise d’être responsable de cette attaque. Parmi les personnes tuées figurent « quatre chefs tribaux et deux commandants des FSR (Forces de soutien rapide) », a affirmé un témoin, sous couvert de l’anonymat, auprès de l’Agence France-Presse (AFP).

« Libérés de toute contrainte » dans leur guerre

L’armée n’a pas réagi dans l’immédiat. Le gouvernement autoproclamé des FSR a condamné cette attaque, la qualifiant de « crime horrible », et a rapporté que trente-sept personnes avaient été tuées et cinquante autres blessées. Garra Al-Zawaya se trouve près de la ville de Kabkabiya, à environ 150 kilomètres à l’ouest d’El-Fasher, dernier bastion de l’armée soudanaise au Darfour avant sa prise par les FSR lors d’une offensive sanglante en octobre dernier.

Les enquêteurs de l’Organisation des Nations unies (ONU) ont déclaré que les violences liées au siège et à la prise d’El-Fasher par les FSR présentaient « les caractéristiques d’un génocide ». La semaine dernière, après avoir perdu le contrôle d’une autoroute stratégique reliant la capitale, Khartoum, à la ville d’El-Obeid, le commandant des FSR, Mohammed Hamdan Daglo – dit « Hemetti » – a diffusé un message vidéo dans lequel il a déclaré à ses combattants qu’ils pouvaient se considérer comme « libérés de toute contrainte » dans leur guerre contre l’armée.

Le conflit entre l’armée régulière et les FSR – tous deux accusés de crimes de guerre – a déjà causé des dizaines de milliers de morts, provoqué le déplacement de millions de personnes et déclenché ce que les Nations unies décrivent comme la plus grave crise de la faim dans le monde. Plus de 1 000 civils ont été tués dans des bombardements de drones au cours des cinq premiers mois de l’année.

Être le journal de la paix, notre défi quotidien

Depuis Jaurès, la défense de la paix est dans notre ADN.

  • Qui informe encore aujourd’hui sur les actions des pacifistes pour le désarmement ?
  • Combien de médias rappellent que les combats de décolonisation ont encore cours, et qu’ils doivent être soutenus ?
  • Combien valorisent les solidarités internationales, et s’engagent sans ambiguïté aux côtés des exilés ?

Nos valeurs n’ont pas de frontières.

Aidez-nous à soutenir le droit à l’autodétermination et l’option de la paix.
Je veux en savoir plus !

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.