Soudan : l’ONU appelle les FSR à garantir l’accès humanitaire à El-Obeid

L’ONU demande un accès humanitaire sans entrave 

Le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, s’est entretenu lundi avec Mohamed Hamdan Daglo, dirigeant des Forces de soutien rapide (FSR), afin d’évoquer l’escalade des violences à El-Obeid, capitale de l’État du Kordofan du Nord. Au cours de cet échange, il a insisté sur la nécessité de garantir un accès sûr aux travailleurs humanitaires et de permettre aux civils de circuler librement. Il a également exprimé son inquiétude face aux attaques de drones visant des infrastructures essentielles, notamment les réseaux d’eau, d’électricité et de carburant. 

Une ville stratégique sous forte pression 

Assiégée depuis plusieurs mois par les FSR, El-Obeid occupe une position stratégique entre les territoires contrôlés par les paramilitaires au Darfour et les zones tenues par l’armée dans l’est du pays. La ville, qui compte environ 500 000 habitants et accueille près de 100 000 personnes déplacées par le conflit, a subi ces dernières semaines les offensives les plus violentes depuis le début du siège. 

Des craintes d’atrocités à grande échelle 

L’ONU redoute qu’El-Obeid ne connaisse le même sort qu’El-Fasher, théâtre de violences massives lors de l’offensive des FSR en octobre 2025. Une mission internationale indépendante avait estimé plus tôt cette année que le siège et la prise de cette ville présentaient « les signes distinctifs d’un génocide ». Lundi, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a d’ailleurs ordonné l’ouverture d’une enquête urgente sur les violations commises à El-Obeid, évoquant un risque imminent d’atrocités de grande ampleur. 

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Des infrastructures civiles durement touchées 

En déplacement à El-Obeid jusqu’à dimanche, la coordonnatrice humanitaire de l’ONU au Soudan, Denise Brown, a constaté les conséquences des combats sur les populations et les infrastructures civiles. Selon elle, les frappes de drones menées récemment par les FSR ont régulièrement touché les installations indispensables au fonctionnement de la ville, compliquant encore davantage la distribution de l’aide et les conditions de vie des habitants. 

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