Les Rapid Support Forces (RSF) ont annoncé récemment la création d’un « Conseil de sécurité et de défense » dans le cadre du gouvernement parallèle installé à Nyala, au Darfour du Sud, qui n’est pas reconnu par la communauté internationale.
Ce Conseil sera présidé par le commandant des RSF, le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemetti » (petit Mohamed), et comptera Abdelaziz el Hilu, leader du Sudan People’s Liberation Movement-North (SPLM-N) — le chef du gouvernement Ta’sis ou Sudan Founding Alliance —, ainsi que d’autres responsables militaires. Il sera actif dans les régions sous contrôle des RSF au Darfour, au Kordofan ainsi que certaines villes au Nil Bleu. Comme le précise le communiqué des RSF, le Conseil de sécurité et de défense a pour mission de concevoir la politique militaire et sécuritaire et de préparer un plan pour la formation d’une nouvelle armée dans les régions sous contrôle du gouvernement parallèle Ta’sis, ainsi que de lutter contre « le terrorisme et les crimes organisés ». Le noyau dur de cette nouvelle armée sera formé par les RSF. Ce nouveau pas s’inscrit dans le cadre d’un projet plus large qui cherche à former des structures militaires indépendantes liées aux RSF et leurs alliés, ou encore des institutions économiques parallèles dans les zones sous leur contrôle au sud et à l’ouest du pays. Cette volonté d’imposer un système politique et militaire parallèle à celui de Khartoum accentue les divisions au sein de la population soudanaise. Par ailleurs, un haut commandant des RSF, Abou Lou Lou, de son vrai nom, al-Fateh Abdullah Idriss, surnommé « le boucher d’El-Fasher », a fait son retour sur le front. Il avait été arrêté par son propre camp en octobre dernier, accusé d’avoir exécuté de nombreux civils lors de la prise d’El-Fasher, capitale du Darfour du Nord. Il devait être jugé pour ses crimes, mais, selon l’agence de presse Reuters, il a été relâché et serait de retour sur le terrain. Abou Lou Lou s’était fait connaître en se filmant lors de la prise d’El-Fasher, humiliant des civils à terre avant de les exécuter. Ses vidéos, postées sur les réseaux sociaux, avaient provoqué l’indignation de la communauté internationale, au point que sa hiérarchie l’avait arrêté en promettant de le traduire en justice. En fait, « le boucher d’El-Fasher » aurait été discrètement relâché sur l’initiative du frère du général Mohamed Hamdan Dagalo, le général Abdel-Rahim Daglo, qui est commandant adjoint des RSF. Un porte-parole du gouvernement Ta’sis a nié la libération d’Abou Lou Lou, affirmant que celui-ci et d’autres commandants accusés d’exactions lors de la bataille d’El-Fasher sont toujours en détention et seront jugés par une cour spéciale.
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