Après El Fasher, le risque de nouveaux massacres commis par les FSR pèse sur El Obeid


Plusieurs pays dont la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie ont appelé mardi 23 juin les Forces de soutien rapide (FSR) à mettre fin aux combats et aux attaques contre les civils dans la région d’El Obeid , alors que l’ONU craint que ceux-ci ne soient soumis à des actes de torture et à des exactions, comme cela s’était produit à El Fasher, au Darfour, en octobre 2025.

La ville avait finalement été capturée par les FSR après 18 mois de siège, provoquant la mort, la disparition et la fuite d’au moins 60 000 personnes.

  • El Obeid, qui avait une population de plusieurs centaines de milliers de personnes avant la guerre, est traversée par une autoroute reliant le Darfour, dans l’ouest du Soudan, à l’est du pays, ainsi que par un oléoduc qui transporte du pétrole depuis le Soudan du sud vers Port-Soudan, sur la mer Rouge.
  • En s’emparant de la ville, les Forces de soutien rapide (FSR) pourraient ainsi renforcer leur emprise sur la partie occidentale du pays, quelques mois seulement après la capture d’El Fasher, située à environ 500 kilomètres à l’ouest.
  • Ce contrôle territorial rapprocherait également le groupe de la capitale, Khartoum, abandonnée par les FSR en mars 2025.

Dans un rapport publié en février, la Mission internationale indépendante d’enquête sur le Soudan avait conclu que les FSR s’étaient engagés durant la prise de contrôle d’El Fasher à des atrocités qui « constituent des indices d’une dérive vers le génocide ». La Mission dénonce notamment un ciblage délibéré des communautés non arabes, en particulier les Zaghawa et les Fur, ainsi qu’un ciblage et des attaques à répétition fondées sur l’identité, l’appartenance ethnique, le genre et l’affiliation politique présumée .

Tout comme à El Fasher, la stratégie d’Hemeti, à la tête des FSR, pourrait être de rendre la ville invivable afin de pouvoir en prendre le contrôle.

  • Plusieurs attaques de drones ont été signalées ces derniers jours, notamment lundi 22 juin, sur deux sites accueillant des personnes déplacées, faisant au moins 3 morts et 14 blessés.
  • Depuis l’an dernier, les FSR se sont engagés dans une course aux drones qui permet à la milice d’infliger de lourdes pertes humaines et matérielles à l’armée soudanaise, tout en évitant des affrontements terrestres, comme à Khartoum.
  • Malgré les dénégations des Émirats arabes unis, plusieurs enquêtes journalistiques et d’organisations internationales attestent la livraison d’équipements militaires et de drones par Abou Dabi aux FSR.

Cela fait plus de trois ans, depuis le début du conflit en avril 2023, que la ville d’El Obeid est soumise à un siège imposé par les FSR. L’importante présence militaire de l’armée soudanaise avait jusqu’à présent dissuadé tout assaut terrestre sur la ville, mais le Conseil de sécurité de l’ONU a averti le 20 juin que le groupe avait reçu d’importants renforts .


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