Tata Steel passe à l’offensive sur la décarbonation. Le groupe annonce ce mardi 21 avril avoir conclu un accord avec Paul Wurth, basé au Luxembourg et intégré au groupe SMS, pour déployer une technologie présentée comme une première mondiale sur un haut fourneau existant, à Jamshedpur.
Baptisée EASyMelt, la solution vise à réduire de plus de 50% les émissions de CO2 par rapport à un fonctionnement classique. «La transition vers une sidérurgie bas carbone dépendra de notre capacité à transformer les écosystèmes existants», explique Thachat Viswanath Narendran, CEO de Tata Steel, qui voit dans ce projet «une étape importante vers la neutralité carbone».
Le procédé repose sur une baisse drastique de l’usage du coke – combustible solide, principalement du carbone, obtenu par la pyrolyse du charbon –, remplacé en partie par du gaz de synthèse injecté dans le four et chauffé par des torches plasma. Ce changement permet de limiter les émissions tout en conservant l’architecture industrielle des hauts fourneaux. L’atout mis en avant est sa flexibilité. Le système peut fonctionner avec différentes sources d’énergie, du gaz naturel à l’hydrogène, et s’adapte aux contraintes locales. Il permet aussi d’éviter le recours massif à des minerais de très haute qualité, plus rares et coûteux.
Pour SMS, l’enjeu est stratégique. «Construire le premier EASyMelt à l’échelle industrielle est une étape majeure», souligne son CEO Jochen Burg, qui y voit un levier pour la décarbonation des sites existants. Tata Steel vise la neutralité carbone d’ici 2045. Cette phase de démonstration sera décisive pour vérifier si la promesse technologique peut s’imposer à grande échelle dans une industrie sous pression climatique.
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