Trois Renault Supercinq GT Turbo rouillent à ciel ouvert en Guadeloupe

À
Morne-à-l’Eau, en Guadeloupe, trois Renault Supercinq GT Turbo
laissées à l’abandon se font lentement engloutir par la rouille et
la végétation. Entre passion, loi et gros travaux, leur avenir
intrigue les amateurs de youngtimers.

Sur un terrain envahi par la végétation, trois petites sportives
des années 1980 disparaissent lentement sous la rouille. À
Morne-à-l’Eau, en Guadeloupe, trois
Renault Supercinq GT Turbo attendent depuis
des années un sort qui ne vient pas. Deux exemplaires blancs et un
bleu sont stationnés à ciel ouvert sur un terrain privé,
littéralement mangés par les plantes. Selon les images relayées sur
les réseaux sociaux par Xavier Daguet, le propriétaire refuserait
de les céder malgré les demandes. Une scène qui interroge, à
l’heure où chaque exemplaire de cette petite Renault sportive
compte pour les passionnés.

Lancée au milieu des années 1980, la Supercinq GT Turbo reste
l’une des icônes des
petites sportives françaises. Son quatre cylindres 1,4 litre
turbocompressé a offert d’abord 115 ch, puis 120 ch sur la phase 2.
Le tout pour environ 850 kg seulement. Elle dépassait les 200 km/h
en pointe et passait de 0 à 100 km/h en moins de huit secondes.
Dans la catégorie des youngtimers, cette Renault joue aujourd’hui
les stars aux côtés des Peugeot 205 GTI et Golf GTI. Voir une
Supercinq GT Turbo abandonnée au milieu des
herbes, loin d’une remise ou d’un atelier, a de quoi
surprendre.

Trois Supercinq GT Turbo abandonnées en
Guadeloupe, une situation qui dure

Les trois voitures se trouvent à Morne-à-l’Eau, en plein cœur de
la Guadeloupe, sur un terrain privé clôturé. Deux sont blanches, la
troisième est bleue, et toutes semblent immobilisées depuis
longtemps, sans plaque récente visible sur les clichés. La
végétation grimpe sur les carrosseries, masque partiellement les
vitres et s’infiltre déjà dans les passages de roue. Sous un climat
tropical, avec des pluies fréquentes et un air chargé de sel, la
corrosion progresse vite. Les tôles et les soubassements d’une
Supercinq GT Turbo encaissent alors des attaques sévères. Des zones
sensibles se trouvent sous la voiture, près des ancrages de trains
et des ailes arrière.

© Xavier Daguet
(Facebook)

Ces
véhicules sont visiblement à l’abandon depuis plusieurs années.

Dans ces conditions, chaque saison des pluies efface un peu plus
ces trois silhouettes autrefois flamboyantes. Car ces Renault ne
sont pas de simples citadines fatiguées, mais des petites sportives
recherchées sur le marché des collectionneurs. Au Royaume-Uni, il
resterait moins de trois cents GT Turbo immatriculées pour environ
cent soixante mille exemplaires produits. Restaurables ou, au
minimum, utilisables comme banque de pièces, elles pourraient aider
à sauver d’autres GT Turbo en meilleur état. Un exemple venu du
Royaume-Uni, avec une GT Turbo restée vingt et un ans à l’arrêt
dans une ferme. Elle a pu redémarrer après une inspection de base
et le montage d’une batterie neuve. Cette histoire illustre le
potentiel de survie mécanique de ces petites Renault, même après
une longue immobilisation.

Restauration, pièces ou épaves : quel avenir pour ces
Supercinq GT Turbo ?

Pour les trois voitures de Morne-à-l’Eau, tout dépend maintenant
de la structure et de la volonté du propriétaire. Techniquement,
une restauration intégrale reste possible si les longerons, les
points d’ancrage et la caisse ne sont pas perforés. Les travaux
seraient alors lourds, avec une tôlerie importante, une peinture
complète et une révision générale du
moteur turbocompressé. Le budget grimperait vite, souvent
au-delà de la valeur d’une GT Turbo en bel état sur le marché. Ce
genre de projet reste donc l’affaire de quelques passionnés prêts à
accepter ce déséquilibre. Dans le cas présent, les images montrent
déjà une rouille avancée et une végétation bien installée. La marge
de manœuvre se réduit alors un peu plus à chaque saison.

Un autre scénario serait de transformer ces voitures en
réservoirs de pièces pour d’autres Supercinq GT Turbo. Certains

éléments de carrosserie, d’intérieur ou de mécanique spécifique
deviennent rares et coûteux, et des épaves peuvent fournir ces
pièces. C’est une manière indirecte de prolonger la vie du modèle,
en sacrifiant quelques exemplaires très atteints pour en préserver
d’autres. Reste la destruction, encadrée par la réglementation sur
les Véhicules Hors d’Usage (VHU) et les centres
VHU agréés. En droit français, une épave est considérée comme un
déchet que le détenteur doit remettre à un centre agréé. Sur un
terrain strictement privé, les pouvoirs publics n’interviennent en
général qu’en cas de risque pour la salubrité ou l’environnement.
Tant que le propriétaire restera inflexible, ces trois Supercinq GT
Turbo pourraient continuer leur lente disparition sous les
tropiques. Et rien, pour l’instant, ne laisse présager un autre
destin.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.