Un champignon transmis par les chats aux humains se répand en Amérique du Sud et inquiète les autorités

Si vous croisez un petit chat errant, tout seul, perdu, affamé, vous allez très certainement le récupérer. Si cela se produit en Uruguay, on vous déconseille pourtant de le faire. Les autorités sanitaires locales sont en alerte après le signalement d’une famille entière souffrant de mystérieuses lésions sur la peau. Le coupable? Un champignon microscopique capable de modifier sa propre structure biologique selon la température pour coloniser le corps des mammifères… et sauter du chat à l’homme.

Chez nos compagnons à quatre pattes, les premiers signes de cette infection peuvent être confondus avec les séquelles d’une simple bagarre. Un chat contaminé va développer des croûtes, perdre ses poils par plaques et présenter des plaies ouvertes qui refusent de guérir, localisées principalement sur le museau, les oreilles et les pattes. C’est en manipulant ces animaux sans protection, ou en recevant un coup de griffe mal placé, que l’humain contracte à son tour la maladie rare, appelée sporotrichose.

L’expansion de ce pathogène est désormais prise très au sérieux par les autorités. Selon un rapport alarmant relayé par Econews, la présence du champignon a été officiellement confirmée en Uruguay à la suite de la détection de plusieurs foyers locaux sans lien entre eux. Le Brésil, berceau de l’épidémie, a recensé plus de 11.000 cas humains au cours de la dernière décennie. Aujourd’hui, la maladie progresse également en Argentine, au Paraguay et au Chili, dessinant une véritable crise sanitaire régionale.

Un diagnostic piège pour les humains

Pour la docteure Elisa Cabeza, professeure adjointe en parasitologie et mycologie à l’Institut d’hygiène de l’Uruguay, la vigilance doit être maximale. Elle explique que cette découverte «a déclenché une surveillance épidémiologique active» car cette espèce précise de champignon est connue pour provoquer de véritables vagues de contaminations, avec des formes parfois agressives chez les personnes les plus fragiles.

Chez l’homme, l’infection commence de façon plutôt banale par l’apparition de petits boutons rouges ou de plaques sur les bras, les jambes ou le visage. Sans traitement, ces boutons se transforment en ulcères persistants et ont tendance à se propager. Si la maladie reste le plus souvent localisée à la surface de la peau, elle peut parfois migrer en profondeur et attaquer les articulations, le système respiratoire ou provoquer des méningites chez les enfants et les personnes immunodéprimées.

Plusieurs facteurs compliquent la lutte contre ce champignon et la potentielle épidémie. D’une part, le contrôle des chats errants, qui agissent comme un réservoir naturel pour le champignon, est particulièrement difficile; d’autre part, dans les zones où les ressources médicales manquent, poser un diagnostic rapide relève parfois du parcours du combattant.

Heureusement, la maladie se soigne bien grâce à des antifongiques administrés par voie orale: un traitement particulièrement long et contraignant, s’étalant généralement sur une période de trois à quatre mois pour éliminer totalement l’intrus.


Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.