Un long métrage, Le Grand Vide, réalisé par Jessy Dupont relatant la quête d’un père pour retrouver son fils est en production. Tourné dans plusieurs régions du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, ce road movie à saveur psychologique rend hommage à l’Acadie, estime le cinéaste québécois.
Joint à Lévis, le réalisateur-scénariste qui travaille dans le milieu du cinéma depuis une vingtaine d’années parle de son film comme d’une ode à l’Acadie. Le récit se déroule sur un grand territoire de plusieurs centaines de kilomètres.
«On part de la région Chaudière-Appalaches, on traverse toute l’Acadie en camion, on passe
par Saint-Quentin, Dalhousie, Shediac, Moncton, Halifax jusqu’à Chéticamp. C’est une ode dans le sens qu’on traverse l’Acadie.»
La distribution rassemble des acteurs acadiens et québécois, dont Louise Portal, François Léveillée, Mathieu Richard et Jean Drolet du Québec, ainsi que Marc Lamontagne (Le siège, À la valdrague, les Newbies) et Bianca Richard du Nouveau-Brunswick. Cette dernière incarne Crystal, la copine du fils disparu et ex-toxicomane qui tente de récupérer la garde de son enfant.
La comédienne qu’on a vue dans plusieurs productions acadiennes, dont la comédie À la valdrague, mentionne que le tournage a été très agréable avec une belle équipe.
Le Grand Vide aborde différentes thématiques touchant à la toxicomanie, l’alcoolisme, l’orgueil et l’importance de la langue française en Amérique.
Il raconte l’histoire poignante d’Elliot (Jean Drolet), un ébéniste retraité et alcoolique qui part à la recherche de son fils toxicomane disparu depuis deux décennies. Il devra affronter ses propres démons lors de son périple à travers les Maritimes, où il se lie d’amitié avec Bourk (Marc Lamontagne), un motard acadien qui l’accompagne sur sa route.
Jessy Dupont précise qu’il a mené des recherches en Acadie et visionné des séries télévisées pour trouver les acteurs. Il les a contactés et ils ont accepté d’embarquer dans l’aventure.
Celui qui a vécu à Vancouver où il a étudié en production cinématographique aime traverser les frontières des provinces canadiennes. Même s’il avait déjà visité les Maritimes dans sa jeunesse, il ne connaissait pas beaucoup la culture acadienne avant d’entreprendre son film, admet-il. C’est en développant son projet qu’il a découvert ce milieu culturel qu’il juge fascinant.
«Je trouve important la culture francophone au Canada et de communiquer entre nous. C’est quelque chose qui me fascine les autres cultures francophones du Canada», a exprimé le cinéaste qui réalise son premier long métrage en français.
Il a travaillé comme technicien (directeur photo, assistant-réalisateur et autres) sur des films québécois, notamment le suspense Identités et la comédie romantique La fille du Martin.
Il a réalisé des courts métrages en français et des longs métrages en anglais, dont Deep Web, toujours de façon indépendante. Le réalisateur précise que Grand Vide est un projet plus ambitieux au niveau des thèmes qui sont abordés et du scénario étoffé, bien que ce soit une production indépendante avec un budget se situant autour de 200 000$ (micro budget pour un long métrage).
La comédienne Bianca Richard lors du tournage du film Le Grand Vide de Jessy Dupont. – Gracieuseté
Un souvenir de jeunesse
L’idée du film lui est venue d’un souvenir de jeunesse, des monologues radiophoniques qu’il écoutait durant la période des fêtes.
«Il y avait l’histoire d’un père qui, le jour de Noël, se rappelait toujours que son fils avait disparu. […] Ça me touchait vraiment, c’est parti de là, mais il y a beaucoup de choses qui se sont ajoutées dont la thématique de l’orgueil, l’idée de l’Acadie et de la langue française.»
Le récit traite aussi du peuple Wolastoqey. À Moncton, Elliot va tenter d’aider un jeune autochtone de cette nation qui vit dans la rue.
«En parlant avec lui, il découvre un peu sa nation.»
Le tournage qui s’est étendu sur quatre semaines est maintenant terminé. L’équipe travaille au montage. Jessy Dupont compare un peu son film à l’univers du drame d’aventure The Straigth Story (Une histoire vraie) de David Lynch dans lequel un homme entreprend un voyage en tracteur pour aller se réconcilier avec son frère.
«Ce n’est pas exactement pareil, il y a plus d’action, ça bouge plus. Je suis en train de faire le montage. Ça s’appelle Le Grand Vide, mais y a pas de vide comme l’a soulevé Marc Lamontagne.»
Le film sera complété plus tard en 2024. Par la suite, le cinéaste le soumettra à des festivals, dont le FICFA (Festival international de cinéma francophone en Acadie), avec une sortie en salle au plus tard en janvier 2025.
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