L’éco-lieu CasaEuropea présente les peintures de Dominique Foa, des poteries et des lithographies jusqu’au 30 septembre.
Peintre, potier, lithographe… Artiste à la création foisonnante, Dominique Foa, disparu en 2010, fut tout cela. Avec plus de cinquante œuvres exposées, le centre de ressources partagées CasaEuropea lui rend hommage. Toutes réalisées à Millau ou à Montlaur. « Il était connu comme le potier de Montlaur, beaucoup moins pour ses peintures », explique Christine Bru, sa compagne qui poursuit : « Nous avons commencé tous les deux comme peintres en lettres et lithographes. Nous avions des commandes d’affiches. Certaines sont visibles dans l’exposition. » Puis ce fut la peinture et plus tard la céramique.
Il aimait les choses simples
Dominique peignait à l’acrylique sur différents supports, souvent de récupération, du contre-plaqué marine, sur toile, sur des gabarits en carton… Christine Bru se souvient : « Il peignait directement, sans esquisse. Soit en un seul jet et le tableau était terminé. Soit il y revenait. Il n’avait pas de routine de travail. Ça pouvait être le jour, la nuit… » Dominique Foa aimait les choses simples. En témoigne sa série sur les chaises. Il a peint des baignoires, des bols… L’une de ses formes de prédilection est celle du calice. L’art pariétal (le couple visitait beaucoup de grottes ornées) et la nature l’inspiraient beaucoup. En a découlé les traces de pattes d’oiseaux dans la terre, omniprésentes sur ses créations. « En balade, il craquait sur les ponts et leurs arches », se rappelle sa compagne. Dominique Foa déclarait : « Je cherche l’humain, l’humble, le juste sans en dire trop. »
À Montlaur, il a découvert la terre après s’être essayé à la sculpture avec de la toile goudronnée. Ça fondait et il s’est interrogé : « Pourquoi pas la poterie ? » A débuté sa période céramique. L’artiste a commencé tout seul après un stage avec le maître-potier de Combret Marcel Muller. La céramique a alors pris le dessus sur la peinture. Une fois la poterie cuite, il peignait sur la surface de ses objets, par exemple des traces de pattes d’oiseaux. L’exposition montre neuf céramiques de l’artiste, des vases et des têtes.
Né en 1954 à Parthenay dans les Deux-Sèvres, Dominique Foa a fait les Beaux-Arts de Toulouse et l’École des arts décoratifs de Limoges puis a reçu une formation de graveur. Il a vécu à Millau à partir de 1981 où il a installé un atelier de graphisme. En parallèle, Dominique Foa peignait beaucoup. Puis il s’est installé à Montlaur en 1996.
À CasaEuropea, le public peut admirer ses grandes toiles, la plus grande de 2 m x 1,50 m. Marie Calvignac est historienne d’art et vit en Sud-Aveyron depuis un an. Elle a aidé Rotrauda Weitz, fondatrice de l’éco-lieu, à la conception de l’exposition et précise : « Le lieu s’y prête à merveille, tant par ses volumes pour les grands formats que par sa lumière. Dans la bibliothèque, le bleu dialogue avec le métal et le rouillé des poutres métalliques. »
Et pour Rotrauda Weitz pour qui c’est la dernière saison à CasaEuropea car elle vend le site : « J’ai désiré finir en beauté. C’est une chance d’exposer un peintre de cette envergure. »
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