Une semaine après l’attaque à la machette, les agents du SPIP témoignent devant la députée Béatrice Bellay

Une semaine après l’attaque à la machette au Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de la Pointe Simon, l’émotion reste intacte. Ce mercredi 22 juillet, les agents ont reçu la députée martiniquaise Béatrice Bellay au centre pénitentiaire de Ducos. Entre larmes, colère et revendications, ils ont raconté leur quotidien.

Une émotion palpable

L’émotion s’est fait ressentir dans la salle. Plusieurs agents ont fondu en larmes. D’autres ont quitté la réunion quelques instants avant de revenir. Tous revivent l’attaque en rappelant les faits.

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Le premier à témoigner est l’agent qui a accueilli l’agresseur. Il raconte le face-à-face qui a bouleversé sa carrière :

C’est la première fois que quelque chose m’arrive. Je fais ce métier depuis plus de 10 ans quand même. Et à ce moment-là, il fait le geste, il vient pour me donner un coup et il avance une machette, une machette énorme.

Depuis les faits, il bénéficie d’un suivi psychologique et psychiatrique.

Des alertes restées sans réponse

Julie Gusto, conseillère pénitentiaire d’insertion et de probation au SPIP, également représentante du syndicat Force Ouvrière, était également présente. Pour elle, cette agression met en lumière des difficultés dénoncées depuis longtemps :

Il y a toujours eu des groupes de travail, des CSA à ce sujet, mais malheureusement, les choses n’ont jamais réellement abouti. Beaucoup de propositions ont été faites, beaucoup de préconisations. Les collègues se sont toujours plaints de la situation. Malheureusement, ça n’a jamais abouti. Il a fallu que cet événement désastreux se produise pour qu’enfin, on essaie de nous entendre.

La reconnaissance du statut de victime

Après avoir écouté les témoignages des personnels, la députée Béatrice Bellay a pris à son tour la parole. Elle dit avoir mesuré l’ampleur du choc :

Je suis émue parce que j’imagine à peine ce qu’ils ont pu vivre. Voir la mort arriver n’est pas évident à gérer. Certains sont là alors qu’ils étaient présents au moment des faits. C’est très courageux de leur part, mais je crois que l’administration leur doit aujourd’hui la reconnaissance de leur qualité de victime. Elle doit mettre en place immédiatement, sans délai, des mesures de nature à garantir leur sécurité.

La mobilisation doit prendre fin le 3 août. Mais pour les agents, la reprise ne se fera que si leur sécurité est enfin garantie. Travaux, sas d’entrée, agents de sécurité, voire déménagement du SPIP : ils attendent désormais des actes concrets.

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