La jeune pousse issue de l’Université de Sherbrooke propose un système modulaire de captation afin d’emprisonner le CO2 directement de l’air ambiant.
Skyrenu a vu le jour en 2021 avant de s’installer sur le boulevard de Portland trois ans plus tard.
«On a gagné un prix lors du XPRIZE Carbon Removal, explique Gabriel Vézina, l’un des fondateurs. Ça nous a permis de développer la technologie. En 2024, on est sorti de l’Université pour continuer la croissance.»
Vitrine technologique
La startup, qui est à sa phase précommerciale, a profité d’un récent soutien financier de Sherbrooke Innovante pour construire un prototype qui démontre le fonctionnement de la technologie.
«On peut capter le CO2 presque n’importe où, indique M. Vézina. La concentration est assez uniforme sur la planète, excepté dans les grands carrefours urbains. Nos critères c’est d’avoir un utilisateur du CO2 à proximité et une source d’énergie propre. On veut éviter à avoir à transporter le CO2.»
Le prototype actuellement testé produit environ 10 tonnes de CO2 annuellement. Le système commercial pourra cependant capter jusqu’à 2000 tonnes par année.
«C’est un système modulaire qui s’empile pour multiplier la captation. On rentre en commercialisation en 2028.»
Concrètement, l’entreprise ne produit pas directement le CO2. Elle développe la technologie et les systèmes pour ensuite les vendre à des clients qui produiront le CO2.
Trois axes
Les applications possibles de la technologie sherbrookoise se déclinent en trois axes.
Tout d’abord, le CO2 ainsi absorbé peut être séquestré, c’est-à-dire stocké de façon durable pour réduire son impact dans l’environnement.
«Il y a plusieurs méthodes de séquestration, mentionne le fondateur. Il y a la séquestration géologique, qui se fait dans le sol, et la séquestration minérale. On fait réagir le CO2 avec des résidus miniers pour créer des carbonates, une roche inerte.»
Certains partenaires empruntent toutefois une autre direction et utilisent le CO2 dans leurs procédés. C’est le cas de l’entreprise Carbicrete de Lachine.
«Ils font du béton dans lequel ils vont séquestrer le CO2, souligne Gabriel Vézina. C’est un béton sans ciment carbonégatif.»
Secant Fuel, basé à l’Université de Sherbrooke, utilise quant à elle le CO2 de Skyrenu pour développer des carburants synthétiques propres.
Finalement, la technologie sherbrookoise peut être utilisée pour capter le CO2 à la source dans un contexte industriel de basse concentration. Le meilleur exemple est le domaine de l’aluminium.
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