Venezuela: le double séisme menace de retarder la transition démocratique

Les recherches des corps contiunent après le séisme dramatique.AFP

Le double séisme au Venezuela ayant causé plus de 3 800 morts ne devrait pas bouleverser les relations entre Caracas et Washington, Trump ayant fixé une direction claire privilégiant la stabilité à la démocratie, malgré les aspirations de la cheffe de l’opposition Maria Corina Machado et la grogne contre les autorités en place.

Les États-Unis sont «entièrement concentrés sur la réponse aux tremblements de terre dévastateurs et sur la mise en œuvre du plan en trois phases de l’administration Trump pour le Venezuela, qui demeure intact», a souligné cette semaine le chargé d’affaires américain John Barrett.

Depuis des mois et à presque chaque intervention sur le Venezuela, les hauts responsables américains, du président Donald Trump au secrétaire d’État américain Marco Rubio, resservent la même ritournelle du plan en trois phases: «Stabilisation, récupération, transition politique».

En clair, pas de transition démocratique avant que le pays aille mieux économiquement, tout en mettant à profit la «docilité» de la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui obéit aux ordres de Washington.

«Trump ne se soucie pas vraiment de la démocratie»

Selon un ancien haut responsable vénézuélien, «Trump profite de la situation pour attribuer des contrats aux entreprises américaines et avoir accès aux ressources» minières et pétrolières du pays, qui dispose des plus grandes réserves de brut de la planète.

«Trump ne se soucie pas vraiment de la démocratie», estime quant à lui David Smilde, professeur à l’Université Tulane. «Ce qui l’intéresse, c’est la production économique et le fait d’avoir cet allié prospère qui produit du pétrole pour les États-Unis et où il peut renvoyer les immigrés vénézuéliens…»

«Le tremblement de terre est en train de consolider» et «d’approfondir une mise sous tutelle, une coopération entre les États-Unis et le gouvernement de Delcy Rodríguez. Il affaiblit les chances d’un retour rapide» à la démocratie, analyse Juan Manuel Trak, professeur de l’Université de Salamanca au Mexique.

Après des années au pouvoir d’une gauche hostile à Washington (Hugo Chavez 1999-2013, Nicolas Maduro 2013-2026), le Venezuela devrait revenir dans le giron américain.

Machado, le retour?

Washington avait enserré le Venezuela dans un lourd étau de sanctions économiques, dans le but d’évincer du pouvoir Maduro, qu’il jugeait «illégitime». Mais, depuis sa capture en janvier, Washington dicte ses ordres et lève graduellement ses sanctions.

Le 26 juin, le gouvernement américain a suspendu pour quatre mois des sanctions économiques visant le Venezuela, pour ne pas entraver les opérations de secours.

Caracas a profité mercredi de la crise humanitaire pour redemander le déblocage de ses avoirs gelés.

Reste l’épineux cas Maria Corina Machado, cheffe de l’opposition, que Trump a marginalisée. En exil depuis décembre 2025 quand elle a quitté le pays pour recevoir le prix Nobel de la paix, «MCM» veut désormais revenir au pays et accélérer la transition.

«Je suis absolument convaincue que ma présence contribue à faciliter l’avancement d’un processus de transition. Et d’autant plus après la tragédie du 24 juin, ma présence apporte une stabilité», a-t-elle assuré à des journalistes étrangers, dont l’AFP.

«Cette tragédie a mis en évidence ce que nous savions tous, à savoir que le Venezuela est devenu un État en faillite. C’est mon devoir (…) Je vais aller au Venezuela», a-t-elle conclu, assurant qu’elle n’avait pas besoin d’aide étrangère. Elle a fait état, fin juin, d’une vaine tentative de rentrer au pays.

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(afp/th)

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