Arnaud Rousseau s’est rendu pour la première fois dans des exploitations avicoles martiniquaises. Une découverte marquante pour le président du principal syndicat agricole français.
Face aux contraintes climatiques, notamment la chaleur, les éleveurs ont su développer des solutions adaptées. « Autant ici, il y a la chaleur, mais sur le sanitaire, en Martinique, c’est beaucoup plus sain que ce qu’on observe », souligne-t-il, évoquant les ravages de la grippe aviaire dans l’Hexagone.
Des spécificités qui nécessitent plus de moyens
Au cœur des échanges : la prise en compte des réalités locales. Ventilation renforcée, équipements spécifiques… Produire en climat tropical demande des investissements supplémentaires.
Pour Ange Milia, président de Madivial, il est essentiel d’adapter les dispositifs de soutien :
« Il nous faut prendre en compte nos spécificités, ça demande des moyens systémiques. »
Un enjeu d’autant plus important que la filière entend poursuivre son développement. « De 2014 à 2024, la production de Madivial a montré son évolution », rappelle-t-il.
L’intelligence artificielle, nouvel horizon
Au-delà des contraintes, les éleveurs regardent vers l’avenir. L’innovation, notamment via l’intelligence artificielle, s’impose progressivement dans les exploitations.
« Il faut toujours améliorer surtout avec des conditions climatiques qui se renforcent. »
Patricia Jean Jacques, responsable de l’exploitation avicole Jean Jacques
Objectif pour l’exploitante ? Garantir le bien-être animal tout en améliorant la performance des élevages.
Le défi des fonds européens
Mais pour accompagner ces transformations, les financements restent un point clé. Les professionnels demandent une adaptation des aides européennes à leurs réalités.
« Il faut qu’on prenne en compte ces spécificités pour mieux les porter auprès des parlementaires et du ministère de l’Agriculture. »
Damien Greffin, vice-président de la FNSEA, en charge de l’Outre-mer
Une visite dans un contexte agricole divisé
Cette visite s’inscrit dans un contexte national marqué par de vifs débats autour d’un modèle agricole prônant une agriculture productiviste et l’allègement de certaines normes environnementales.
Un débat cristallisé récemment par la controversée loi Duplomb (promulguée le 11 août 2025 et publiée au Journal officiel du 12 août 2025), qui prévoyait notamment la réintroduction encadrée de certains pesticides comme l’acétamipride, interdit en France depuis 2018 mais autorisé ailleurs en Europe (partiellement censuré par le Conseil constitutionnel). Mais aussi plusieurs articles sur l’élevage intensif ou encore les mégabassines.
Cette proposition de loi soutenue par la FNSEA (syndicat majoritaire avec plus de 200 000 adhérents), a été vivement critiquée par une partie de la profession, notamment les apiculteurs, qui alertent sur ses impacts environnementaux.
Une visite pour « comprendre le terrain »
Réélu récemment à la tête de la FNSEA, Arnaud Rousseau poursuit sa tournée en Martinique jusqu’au 5 mai. Une visite qui se veut avant tout pragmatique.
« Identifier les spécificités pour mieux les défendre » : une ligne affichée, alors que les agriculteurs ultramarins attendent des réponses concrètes pour concilier production, contraintes climatiques et souveraineté alimentaire.
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