VIDEO. Quel est l’impact des « After yoles » sur l’environnement ?

Une plage paradisiaque transformée en décharge à ciel ouvert. Depuis deux jours, l’Anse Meunier est le théâtre « d’After Yoles » illégaux. Mille bateaux par soir s’y sont rendus pour festoyer. Du jamais vu. Katlyn était de la partie. En revenant chercher son portable perdu la veille, elle s’est mise à nettoyer ce lundi matin (3 août).

« Quand on revient le lendemain à lumière éclairée et qu’on voit tous ces déchets, même depuis l’entrée, c’est prenant. Je me dis, est-ce qu’il ne faudrait pas aussi que d’autres personnes qui étaient là hier viennent pour se rendre compte pour que la prochaine fois ça ne se passe pas comme ça aussi ? »

Katlyn

Mais ce décor chaotique provient d’une soirée interdite. Personne ne considère avoir la charge de ces déchets.

L’Office national de la forêt et le Parc naturel marin s’en occupent, mais ils espèrent responsabiliser les citoyens.

« On sait depuis des années l’impact d’un mégot de cigarette. C’est 500 litres d’eau qui sont pollués. Donc c’est vrai que c’est particulier et dramatique même qu’en 2026, on doive dire aux personnes de repartir avec leurs déchets. »

Aude Brador, directrice du Parc Naturel Marin de Martinique

Un site de ponte

D’autant que cette zone est particulièrement protégée. Elle fait partie des cinq plages de notre île où les tortues vertes pondent encore. Cette espèce est en voie d’extinction en Martinique. Alors pour la première fois, le responsable de la police de la nature dresse un procès-verbal sur cette problématique de rassemblement lié au Tour à destination du procureur de la République.

« Le fait qu’il y ait un rassemblement massif de navires qui ont mouillé au niveau et qui ont barré la route à toutes tortues, c’est impossible pour qu’une tortue vienne pondre. S’il y avait des émergences, elles sont condamnées à mort.  »

Marcel Bourgade, responsable de la police de la nature au PNRM

De son côté, le directeur adjoint de la mèr assure que le nombre de participants empêchait les forces de l’ordre de mettre un terme à la fête.

« Ce n’est pas qu’on ne peut rien faire. Comme les rave-party, quand vous avez énormément de monde qui arrive, le rôle de l’État, est de permettre que les choses se passent dans de bonnes conditions. Pour autant, derrière, on ne va pas laisser passer. On a adressé un certain nombre de procès-verbaux durant le tour des Yoles et durant l’after yoles ensuite. Maintenant, on va commencer à exploiter les images du drone de la gendarmerie maritime et du drone de la gendarmerie qu’on a fait voler pendant les after yoles et qui vont nous permettre d’identifier un certain nombre d’organisateurs de faits. »

Nicolas Singellos, directeur adjoint de la mer de Martinique

Ils encourent un an de prison, 150 000 euros d’amende et l’interdiction de naviguer.

Pour l’an prochain, des projets sont déjà lancés d’after yoles légaux et encadrés en termes de sécurité et de ramassage de déchets.

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