« 3 annulations au dernier moment et on nous laisse comme des chiens ! » : la colère de passagers d’Air Caraïbes, « baladés » depuis deux jours
Plus de 400 clients de la compagnie aérienne Air Caraïbes sont en colère. Depuis le 15 juillet, ils se disent « baladés » de l’aéroport Guadeloupe Maryse Condé, à des hôtels sollicités pour les accueillir en urgence. Leur vol, qui devait décoller mercredi à 16h30, a été annulé, vraisemblablement à cause d’un problème technique sur leur avion, selon le peu d’information qui leur est parvenu. Reporté à hier, jeudi 16 juillet à 17h30, il a une nouvelle fois été décalé à 22h00… jusqu’à ce que les voyageurs, épuisés, soient informés d’un nouvel ajournement.
Ils dénoncent une gestion de cette crise « calamiteuse« , par l’opérateur aérien, en particulier le manque de communication et d’accompagnement, au fil des longues heures d’attente. De l’eau, tout au plus, aurait été distribuée, avant que des établissements hôteliers puissent les héberger, bien au-delà de minuit. La situation s’est révélée tendue par moments, quelques clients ayant élevé la voix sur les personnels présents ; si bien que la police a dû intervenir pour ramener le calme.
« Inadmissible !«
Nous avons contacté des passagers logés dans un hôtel de la Pointe de la Verdure, au Gosier. Ils sont arrivés sur place et n’ont enfin pu se reposer qu’à partir de 4h00 du matin. Ils avaient l’obligation de libérer leurs chambres à midi. Entre-temps, aucun repas n’a été prévu pour eux. Dans les hôtels, le petit-déjeuner n’est servi que jusqu’à 10h00.
Ces familles, dont plusieurs devaient prendre l’avion avec de jeunes enfants, témoignent aujourd’hui et expriment leur amertume : « Nous sommes les rescapés de la compagnie Air Caraïbes, depuis le mercredi 15 juillet !« , a lâché une passagère, Christelle, « trois annulations, au dernier moment et on nous laisse comme des chiens« . « À chaque fois, ils savent tout, mais ne disent rien et c’est au dernier moment que nous apprenons, sur le site Internet, que c’est annulé ; alors ils confirment« , poursuit-elle. « C’est inadmissible« , conclut Christelle.
Air Caraïbes leur aurait promis qu’ils seraient prioritaires pour les départs, dès hier. Promesse non tenue, pour le moment. Si bien qu’au lieu de rester (pour ceux qui auraient pu), dans leur logement local, ils font des va-et-vient inutiles. « Le vrai problème, c’est qu’ils nous font venir à l’aéroport, tout en sachant qu’on ne pourra pas voyager« , affirme un autre voyageur, Didier, « donc on arrive à l’aéroport, on s’enregistre normalement et, au dernier moment, on nous fait comprendre qu’il n’y a pas de vol, la compagnie nous laisse espérer et, vers 23h00, elle nous laisse« .
« On a payé !«
Cette crise est d’autant plus difficile à admettre, pour les passagers, qu’ils ont payé leurs billets au prix fort, dans le contexte actuel d’inflation. Dans l’immédiat, même ceux qui ont souscrit des assurances ne peuvent que subir la situation, en attendant de pouvoir se retourner contre leur opérateur, ultérieurement.
Autre dénonciation : plusieurs valises, baladées elles aussi, auraient été dégradées, au point que certaines seraient désormais inutilisables, selon les témoignages recueillis.
« La compagnie n’a eu aucune considération pour les enfants en bas âge, les personnes âgées les personnes malades…« , dénoncent aussi nos interlocuteurs, qui ont reçu un nouveau message d’excuse, évoquant une situation indépendante de la volonté de la compagnie.
Il s‘avère que ce type de déboires, en particulier en période de grandes vacances où les vols sont plus nombreux, est récurrent, au départ des aéroports de Paris, comme depuis Pointe-à-Pitre. De part et d’autre de l’Atlantique, ce sont alors des vacanciers qui perdent de précieux jours de repos et de détente. Ce sont des séjours qui débutent ou s’achèvent bien mal.
À cette heure, la compagnie n’a pas répondu à nos demandes d’interview.
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