Haïti et la République dominicaine rouvrent leur espace aérien après des mois de relations tendues

AA / Mexique / Jorge Antonio Rocha

Haïti et la République dominicaine ont rouvert vendredi leur espace aérien commun après des mois de relations tendues, dans un contexte de montée de la violence en Haïti et d’expansion du contrôle territorial par des gangs criminels.

L’accord a été signé dans un parc industriel situé à la frontière, en présence de délégations des deux pays. La fermeture de l’espace aérien avait été ordonnée en 2024 sur instruction du président dominicain Luis Abinader, en réponse à la violence touchant Haïti, avec laquelle la République dominicaine partage une frontière de 243 miles (391 kilomètres).

Un communiqué conjoint indique que la mesure vise à « faciliter la mobilité, stimuler les relations économiques et renforcer les liens entre les deux pays », avec une reprise des vols prévue en mai.

Les délégations ont reconnu le soutien de la communauté internationale dans l’aide apportée à Haïti pour démanteler le pouvoir des gangs, facteur clé de la réouverture de l’espace aérien commun. Dans un communiqué, elles ont « exprimé leur gratitude à la communauté internationale pour son soutien dans les efforts visant à aider les autorités haïtiennes à rétablir la paix en République d’Haïti, en particulier les Nations unies et la Force opérationnelle anti-gangs (FRG), dans le cadre de leurs décisions et actions visant à rétablir les conditions de sécurité, de stabilité institutionnelle et de paix pour la population ».

Cet accord met fin à plusieurs années de tensions et à des demandes répétées des autorités haïtiennes pour la réouverture de l’espace aérien. Il intervient également dans le cadre d’une campagne menée par le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé contre les gangs criminels qui continuent d’exercer un fort contrôle, notamment dans la capitale.

Ces derniers mois, Haïti a connu d’importants changements internes. En février, le Comité présidentiel de transition a été dissous après un an en tant qu’organe dirigeant du pays, Fils-Aimé assurant désormais la fonction de chef de l’État.

Des troupes soutenues par l’ONU ont été déployées le 1er avril en Haïti pour lutter contre les gangs criminels. La Force de suppression des gangs (GSF) devrait atteindre jusqu’à 5 500 personnels et rester sur place pendant les 12 prochains mois.

Les estimations indiquent que jusqu’à 90 % de la capitale haïtienne, Port-au-Prince, reste sous contrôle criminel.

*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz

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