la coalition PDS Sopi Sénégal dépeint une situation chaotique et rejette le rapport de la Cour des Comptes
Un contexte économique difficile
L’ancien porte-parole du PDS et député élu sous la bannière de la coalition Sopi Sénégal, Tafsir Thioye, a ouvert la conférence en soulignant le contexte difficile dans lequel se trouve le Sénégal. « Cette conférence de presse se tient dans un contexte particulier, marqué par des changements importants sur le plan politique et institutionnel dans notre pays. Elle intervient également dans un contexte marqué par d’énormes difficultés sur le plan social, économique, budgétaire et financier, confirmées par le dernier rapport de la Cour des Comptes sur la situation des finances publiques de notre pays. Jamais notre pays n’a connu une dégradation aussi marquée et frappante de ses comptes publics », a-t-il déclaré. Selon Thioye, le cadre macroéconomique s’est détérioré, avec des conséquences directes sur la vie quotidienne des Sénégalais. « Le déficit se creuse et la dette atteint des proportions inquiétantes, continuant d’augmenter de façon vertigineuse. Les agents économiques traversent des situations difficiles », a-t-il ajouté.
Les conséquences de la dette sur les ménages
Le député a également pointé du doigt les difficultés rencontrées par les ménages et les entreprises. « Si l’État central se dit contraint et fait face à des marges de manœuvre budgétaire et financière quasi inexistantes, les ménages croulent sous le poids de la dette et subissent une érosion continue de leur pouvoir d’achat. Les prix des denrées de première nécessité et des loyers ne cessent d’augmenter, et les ménages vivent dans un environnement où le taux de dépendance demeure très élevé », a-t-il expliqué.
Pour les entreprises, la situation n’est guère plus reluisante. « Elles font face à une pression fiscale asphyxiante et à un endettement croissant. Elles subissent de plein fouet les conséquences des difficultés des ménages et des crises multiformes sur le plan international. Les grèves et les dépôts de bilan se multiplient, les travailleurs sont licenciés par milliers, et les hommes d’affaires, censés relancer l’économie, se retrouvent souvent en prison ou confrontés à des procédures judiciaires interminables », a déploré Tafsir Thioye.
Le rapport de la Cour des Comptes en question
Le rapport de la Cour des Comptes, rendu public il y a deux semaines, a suscité de vives réactions. Selon Tafsir Thioye, ce rapport « a consacré une remise en cause d’acquis importants, fruit du travail d’honnêtes Sénégalais, citoyens et patriotes, qui avaient réussi, grâce à nos partenaires, à améliorer sensiblement notre système de gestion des finances publiques ».
Le député a critiqué la méthodologie et les conclusions du rapport, soulignant que « malgré son caractère incomplet, il a démontré à la face du monde la dégradation de nos comptes publics, mais également la fragilité du système de gestion de nos finances publiques ». Il a notamment pointé du doigt les faiblesses des corps de contrôle du ministère des Finances, les dysfonctionnements du système bancaire, et les insuffisances de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dans le contrôle des établissements bancaires.
Un appel à l’action
Face à cette situation, Tafsir Thioye a appelé le gouvernement à agir rapidement. « Il est urgent de cerner les causes des problèmes et de trouver des solutions rapidement afin de mettre fin à ce spectacle qui n’honore pas notre pays », a-t-il insisté. Il a énuméré plusieurs sources de dysfonctionnements, notamment les tensions de trésorerie, les surfinancements, les défaillances du système d’information au sein du ministère des Finances, et les faiblesses des organes d’audit et de contrôle interne.
Thioye a également critiqué la gestion de la dette publique, soulignant que « le stock est important et les charges pèsent lourdement sur les dépenses publiques, sans effet multiplicateur réel ».
Conclusion : un appel à la stabilité et à la transparence
En conclusion, Tafsir Thioye a appelé à la stabilité et à la transparence dans la gestion des finances publiques. « Les Sénégalais sont fatigués et ont besoin de sérénité, de paix et de stabilité pour mener à bien leurs activités. Nous invitons le gouvernement à trouver des solutions pour venir à bout des problèmes et maintenir la stabilité de notre pays », a-t-il déclaré.
Le député a également insisté sur la nécessité de revoir les pratiques de gestion et de contrôle, afin de restaurer la confiance des citoyens et des partenaires internationaux. « Il est temps de tout changer, principalement les documents déjà produits et les données qui y sont affichées. Le rapport de la Cour des Comptes pose problème, et il est essentiel de tirer les leçons de cette situation pour éviter que cela ne se reproduise à l’avenir », a-t-il conclu.
Alain Bonang
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