Les électeurs de Belle-Baie auront droit à un prochain maire ou une prochaine mairesse au visage quelque peu familier à l’issue du scrutin municipal qui se déroulera le 11 mai prochain.
Deux anciens élus de villages qui sont disparus du paysage au profit de la création de la Ville de Belle-Baie lors de la réforme de la gouvernance locale de 2023 s’affrontent lors de cette joute électorale dont le résultat est difficilement prévisible.
L’ancienne mairesse de Petit-Rocher, Rachel Boudreau, espère effectuer un retour à l’hôtel de ville après une absence de la salle du conseil de près de quatre années.
Son opposant dans cette course à la mairie, Charles Doucet, entend quant à lui conserver son rôle d’élu municipal qu’il occupe sans interruption depuis l’année 2012.
Actuel conseiller municipal à Belle-Baie et ancien maire du village de Nigadoo, ce dernier dit vouloir défendre les intérêts de Belle-Baie s’il devient maire de la municipalité.
«C’est une jeune municipalité qui est en construction. Les prochaines années seront déterminantes pour consolider son développement, améliorer les services et pour s’assurer que les décisions soient prises en respectant la capacité financière des citoyens», a indiqué le candidat dans un entretien accordé à l’Acadie Nouvelle.
Charles Doucet dit également vouloir assurer une gestion responsable des finances publiques, maintenir une gestion rigoureuse et transparente dans les dépenses municipales et évaluer régulièrement les programmes et services afin d’assurer leur efficacité.
«Je prends aussi l’engagement de travailler à une formule plus équitable avec la Commission de services régionaux Chaleur afin de m’assurer que la contribution financière de Belle-Baie correspond aux services réellement reçus et revendiquer des programmes et des formules de financement adaptés à la réalité de nos besoins».
Comme plusieurs candidats en lice dans les municipalités de la région Chaleur, l’aspirant-maire dit souhaiter une solution durable et une formule viable à long terme en matière de transport collectif et évaluer le modèle de transport existant comme FlexGo qui est présent sur le territoire de Bathurst.
S’il compte à son actif une quinzaine d’années en politique municipale, Charles Doucet sera soumis aux votes des électeurs une toute première fois, ayant été élu par acclamation lors d’élections tenues en 2012, 2016 et en 2022.
Jeune retraité de 57 ans, ce dernier a autrefois œuvré dans le secteur des pêches, des mines de la mécanique et de la santé avant de se consacrer à la vie publique.
Équilibre linguistique
Questionné au sujet de la délicate question linguistique à Belle-Baie, le candidat à la mairie entend maintenir la politique adoptée en août 2023 à ce sujet et faisant du français la langue d’usage exclusive dans les communications, affichages et services.
Son adversaire politique, Rachel Boudreau, en sera à une deuxième tentative d’accéder à la mairie de Belle-Baie, après avoir mordu la poussière à l’automne 2022 face au maire actuel Daniel Guitard à la suite d’un scrutin aux résultats plutôt serrés.
«Les choses vont bien, j’ai du positif quand je rencontre les gens qui veulent du changement, je pense qu’on est sur la bonne voie», a d’abord raconté en entrevue la candidate.
Cette dernière a entamé la semaine dernière une série de rencontres citoyennes qui se déroulent avec quelques autres candidats aux quatre coins de Belle-Baie jusqu’à la fin du mois.
Son rival dans la course à la mairie tient de semblables rencontres à travers la municipalité jusqu’au 4 mai prochain.
Invitée à décrire sa plateforme électorale, Rachel Boudreau dit d’abord vouloir protéger le portefeuille des citoyens en maintenant un taux de taxation stable et en analysant minutieusement chaque dépense municipale.
Le transport collectif occupe également une place importante dans sa liste d’engagements si elle est élue mairesse de Belle-Baie.
«Ce n’est pas juste pour les personnes âgées et les étudiants, c’est aussi pour monsieur et madame tout le monde qui une famille avec deux voitures et qui pourrait se débarrasser d’un véhicule et économiser des centaines de dollars chaque mois», a affirmé la candidate qui souhaite le déploiement de la flotte d’autobus de FlexGo partout à Belle-Baie.
Élue conseillère municipale à Petit-Rocher une première fois, en 2004, Rachel Boudreau dit aussi tenir à rebâtir les ponts avec la direction de la CSR Chaleur.
«Pour en venir à une collaboration régionale, il faut être assis à la table, si tu n’es pas à la table, tu ne peux pas collaborer!», a indiqué celle qui opère actuellement une agence de voyages.
Le développement économique par le biais de soutien aux entreprises et au tourisme et la culture, la qualité de vie des citoyens au quotidien et la transparence par une plus grande écoute des résidents de l’endroit figurent aussi au programme de la candidate.
Contrairement à son adversaire, Rachel Boudreau souhaite des allégements à la politique linguistique actuellement en vigueur afin de permettre l’affichage de messages bilingues sur les réseaux sociaux.
«Belle-Baie va toujours demeurer une municipalité francophone, mais c’est d’avoir une ouverture d’esprit pour des enjeux économiques, touristiques et de services aux citoyens», a déclaré la principale intéressée.
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