je vous emmène à Pontivy, dans le Morbihan. Comme beaucoup d’autres, la commune doit composer avec la prolifération du frelon asiatique, ce prédateur qui menace les abeilles dont il se nourrit. Mais aussi la biodiversité locale et, parfois, la sécurité des habitants.
Face à ces risques, la mairie va distribuer gratuitement ce jeudi des pièges à frelons pour la population, lit-on dans Ouest-France.
“Le piégeage de printemps est l’un des leviers les plus efficaces pour freiner l’installation de nouvelles colonies, explique la mairie. En capturant les reines fondatrices avant qu’elles ne construisent leur nid, chaque piège contribue à réduire significativement le nombre de colonies durant l’été.”
Car tout se joue maintenant, Céline, des dizaines de communes distribuent ou installent des pièges. Des villes comme Bergerac. Et des villages, comme Vendays-Montalivet, 2400 habitants en Gironde.
A Falaise, dans le Calvados, 85 reines ont été piégées cette année contre 68 l’an dernier.
Justement, que dire de la présence du frelon asiatique en France ?
Il est arrivé accidentellement en 2004 dans le Lot-et-Garonne. Depuis, le frelon asiatique s’est propagé à une vitesse fulgurante, jusqu’à coloniser aujourd’hui tous les départements de l’Hexagone, note le ministère de la Transition écologique. Au point que l’objectif n’est plus de l’éradiquer, mais d’en limiter les effets.
Un plan national de lutte a été engagé il y a un an, avec un budget de trois millions d’euros par an. Loin des besoins nécessaires, selon les apiculteurs, qui rappellent qu’au moins 20% de la mortalité des abeilles domestiques est causé par le frelon asiatique.
Par exemple, Jean-Luc, apiculteur dans le Maine-et-Loire, a perdu 40 ruches sur 48 à cause du frelon asiatique, indique la radio Alouette.
Au-delà de l’installation des pièges, d’autres actions existent.
Oui, car certains maires ont même fait de la lutte contre les frelons asiatiques une priorité de début de mandat et organisent des réunions publiques dédiées. Par exemple, la semaine dernière à Fléville-devant-Nancy en Meurthe-et-Moselle.
Les habitants du Haut-Chablais en Haute-Savoie sont invités, eux, à signaler les nids, encore faciles à localiser avant l’arrivée des feuillages.
Alors, des services municipaux se déplacent pour détruire ces nids. Qui sont parfois énormes. Le maire de Saint-Étienne-Cantalès dans le Cantal, raconte dans le journal La Montagne : “Il y a deux ans, on en a détruit un d’un mètre de haut et 80 cm de diamètre. Il contenait 5 000 frelons”
Et des mairies subventionnent ces opérations. Jusqu’à 100 euros dans la commune d’Awoingt, 757 habitants dans le Nord.
Et attention aux arnaques aux nids de frelons, Cyril !
Il y a quelques années, dans le Béarn, un père et son fils démarchaient des personnes âgées pour leur proposer de vérifier la présence d’un nid de frelons et de la supprimer, facturant jusqu’à 3000 €, racontait La République des Pyrénées. D’autres arnaques ont été recensées.
Sachez que la destruction d’un nid coûte entre 70 et 150 €. Et que certaines assurances en paient même tout ou partie.
En tout cas, il faut laisser ce travail à des professionnels.
Oui, car tenter de détruire soi-même un nid de frelons asiatiques n’est pas sans danger en cas de piqûres multiples.
Pour les pièges, on voit des tutoriels pour les fabriquer soi-même. Sauf qu’un vrai outil efficace doit être “sélectif”.
Mal employé, il capture aussi de nombreux autres insectes (mouches, papillons, guêpes ou pollinisateurs) parfois en bien plus grande quantité que les frelons eux-mêmes. Ce qui affaiblit encore plus la biodiversité.
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