« On sait ce qu’on a dans nos assiettes, mais en plus financièrement ça aide » : Poulailler et potager dans leur jardin, ce couple ne changerait pour rien son mode de vie
Nichés dans les Hautes Corbières, Marcelle et son époux Claude entretiennent le petit paradis de toute une vie, leur jardin d’Éden. À 77 et 81 ans, ils continuent de travailler 1 000 m2 de terre pour le régal des yeux et des papilles.
Son premier « c’est plaisir », son second « économiser. » A 77 ans, Marcelle trouve toujours son bonheur dans le pré. Et, plus précisément dans ce potager de plus de 1 000 m2 acquis il y a des années avec son époux Claude, aujourd’hui âgé de 81 ans. Domicilié en Fenouillède, le couple témoigne sous des prénoms d’emprunts. Par crainte des voleurs de poules. « Jusqu’à présent, on avait aussi des lapins dans le volailler. Des inconnus ont saccagé le toit du poulailler trois fois déjà et ils ont dérobé tous nos animaux. » Lassés de réparer les dégradations, les retraités ont décidé de ne reprendre que quelques belles pondeuses. « Depuis tout jeune, on est tellement habitué à consommer nos œufs frais qu’on ne peut plus s’en passer.«
À lire aussi :
« Même en divisant certains terrains par deux, je ne réussirais jamais à satisfaire tout le monde » : face à la hausse des prix, les jardins familiaux s’arrachent
Plusieurs fois victimes de voleurs de poules
Son panier de ménagère sous le bras, Marcelle a la chance de le remplir au jour le jour de kilos de fruits et légumes produits et cueillis sans le moindre traitement nocif. Diversifiées au possible, les cultures s’étalent sur les quatre saisons. « Mieux que chez le primeur et, de surcroît, gratuit. » A l’idée des toutes nouvelles conserves en perspective, la septuagénaire se frotte les mains. Elle transforme elle-même le bénéfice de leur labeur.
À lire aussi :
DOSSIER. Pour faire face à l’inflation ou par amour de la nature, les potagers chez les particuliers se développent
« À la maison, je cuisine toutes nos productions que je garde dans des bocaux entreposés dans la réserve ou au congélateur, et on en mange au quotidien« , salive-t-elle. Tout le village en parle, les époux auraient un stock qui leur permettrait de tenir des années sans mettre un pied dehors. Marcelle s’amuse de la caricature. « On partage avec nos deux grands enfants, ils se régalent de monter nous voir et en profitent pour s’approvisionner », apprécie-t-elle, modeste. « Je mitonne des plats pour nous et pour eux, pas plus » assure la grand-mère, balayant d’un geste la peur d’être à nouveau dévalisée.
À lire aussi :
« Je les ai très tôt sensibilisés au travail de la terre » : cette enseignante, amoureuse de la nature, cultive son potager de 800 m2 avec ses trois enfants

Claude plante, Marcelle cuisine
Leur (presque) autosuffisance alimentaire, ne date pas d’hier. Ici, rien ne se perd. « Claude a commencé tôt, il était jeune quand il a eu son premier jardinet. Puis, au fur et à mesure qu’il a grandi, le terrain s’est accru avec lui. » L’octogénaire y consacre ses journées. Ancien cheminot, « vous ne l’enfermeriez jamais », prévient Marcelle en riant. Secrétaire de profession, elle a toujours suivi le rythme. « Je vais au potager les après-midi quand il fait bon pour arracher les mauvaises herbes et aider Claude. » Avant de rentrer se mettre aux fourneaux. « C’est physique », confesse celle qui ne changerait de vie pour tout l’or du monde. « Non seulement on sait ce qu’on a dans nos assiettes, mais en plus financièrement ça aide », appuie Marcelle. Qui ne s’est plus rendue chez le marchand ambulant depuis fort longtemps. « À part pour les oranges et les bananes, on a tout sous la main.«
À lire aussi :
« Elles nous offrent deux à trois œufs par jour » : depuis 10 ans, il élève des poules chez lui et réduit ses déchets

Sans oublier un gros bas de laine d’économies ? « On n’a jamais compté les dépenses évitées. Je vais aux courses de temps en temps pour la viande, le fromage et les produits d’entretien, mais vu le prix des fruits et légumes bio, c’est vrai que cela représente finalement un vrai budget », calcule Marcelle, de tête. Se reprenant illico : « Enfin, si on considère le temps qu’on consacre à jardiner, à faire les graines, les semis, et à cuisiner, ça ne paye pas. »
Crédit: Lien source
Les commentaires sont fermés.