Recrutement en Guadeloupe : des besoins en baisse en 2026 mais des tensions persistantes dans plusieurs secteurs
La dynamique du marché de l’emploi marque le pas. En Guadeloupe, les projets de recrutement reculent de 5 % en 2026 par rapport à l’an dernier. Une diminution qui s’inscrit dans une tendance plus globale observée depuis trois ans.
Pour autant, cette baisse ne signifie pas un arrêt des recrutements, bien au contraire.
« Cette enquête nous permet d’avoir une lecture assez fine des opportunités sur notre territoire. Même si les intentions d’embauche diminuent, nous restons sur des volumes significatifs, avec des besoins très concrets exprimés par les employeurs dans plusieurs secteurs. »
Gilles Plumasseau, directeur adjoint de France Travail. · ©François-Joseph Ousselin et Bruno Pansiot-Villon
Un constat partagé par les équipes de l’opérateur public de l’emploi, qui insistent sur la nécessité d’accompagner ces évolutions.
Des secteurs toujours en tension, notamment dans les services
Le secteur des services reste de loin le principal moteur des recrutements, avec plus de 8 000 projets d’embauche recensés cette année. Il est suivi par la construction et le commerce, qui concentrent à eux trois près de 80 % des intentions. Dans le détail, les profils les plus recherchés sont bien identifiés : serveurs, cuisiniers, employés d’hôtellerie, aides à domicile ou encore professionnels de santé.
Mais derrière ces besoins se cache un enjeu majeur : l’adéquation entre les compétences disponibles et les attentes des employeurs.
« Il y a un vrai enjeu autour de l’attractivité de certains métiers et de l’ajustement des compétences. Aujourd’hui, on doit accompagner les demandeurs d’emploi pour qu’ils puissent se positionner sur ces postes, notamment grâce à la formation professionnelle et à la découverte des métiers. »
Florence Landau, directrice de la performance · ©François-Joseph Ousselin et Bruno Pansiot-Villon
Autre réalité du marché local : la forte saisonnalité de certains emplois, en particulier dans l’hôtellerie-restauration, ce qui peut freiner certains candidats dans leur projection professionnelle.
Des besoins territorialisés et un rôle clé des petites entreprises
L’étude met également en évidence des disparités importantes selon les territoires.
En Basse-Terre, les tensions se concentrent sur les métiers du soin et de l’aide à la personne, notamment les infirmiers et les aides à domicile. Dans le bassin centre, les besoins concernent davantage les assistants maternels, les assistants familiaux et les agents de sécurité. En Grande-Terre, ce sont les professionnels de l’animation socioculturelle qui sont recherchés, tandis que Marie-Galante fait face à une demande de maçons qualifiés. Dans les îles du Nord, l’hôtellerie demeure un secteur particulièrement dynamique.
Ces recrutements sont largement portés par les petites structures. Selon Gilles Plumasseau, directeur adjoint de France Travail, « les établissements de moins de 10 salariés représentent à eux seuls six projets de recrutement sur dix. Ce sont eux qui font vivre le tissu économique local et qui expriment le plus de besoins aujourd’hui ».
Pour répondre à ces enjeux, plusieurs dispositifs sont mobilisés.
« Nous travaillons avec les entreprises pour adapter les compétences, notamment à travers des formations ciblées, des immersions professionnelles ou encore des dispositifs comme la préparation opérationnelle à l’emploi. L’objectif est vraiment de rapprocher les profils disponibles des besoins réels du terrain. »
Gilles Plumasseau, directeur adjoint de France Travail · ©François-Joseph Ousselin et Bruno Pansiot-Villon
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