Redevabilité des membres du gouvernement : Le ministre des Mines fait son bilan et annonce des perspectives heureuses pour l’industrie minière au Niger

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Les membres du gouvernement se succèdent sur le plateau de la télévision nationale (RTN) pour présenter le bilan de leurs ministères, conformément aux orientations du Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, qui place la redevabilité au peuple au cœur de la gouvernance. Pour s’acquitter de cet exercice annuel, le ministre des Mines, Commissaire Colonel Abarchi Ousmane, a présenté les réalisations et les résultats de son département ministériel. Des contentieux en cours au toilettage des textes encadrant le secteur des Mines, en passant par le développement de l’industrie minière, le ministre annonce des lendemains meilleurs pour le Niger dans ce secteur stratégique.

Dans cet entretien, le ministre des Mines a fait la genèse de la richesse du sous-sol nigérien. Il a énuméré les gisements connus, ainsi que les ressources en exploitation et celles non encore exploitées ou peu exploitées. Pour inciter les partenaires à investir dans l’exploitation des ressources minières, notamment les entrepreneurs nigériens, le gouvernement a adopté plusieurs mesures incitatives. « En plus de l’ordonnance sur le contenu local qui fait obligation aux entreprises étrangères, et même nigériennes, de travailler avec des Nigériens, dans l’ordonnance du 08 août 2024, l’exploitation semi-mécanisée, l’exploitation des Haldes et la commercialisation des substances minières et de carrières sont à majorité ou exclusivement laissées aux promoteurs nigériens », se félicite le ministre des Mines.

Hormis l’or et l’uranium, le Niger peut compter sur plusieurs ressources minières pour appuyer son ambition de souveraineté. Avec l’adoption du Fonds de développement minier par décret du 23 janvier 2026, le ministère des Mines a mis en place un comité chargé de réfléchir sur les projets structurants permettant de développer le Niger. Ce travail a permis, selon le ministre Abarchi Ousmane, d’identifier plusieurs projets à même de contribuer durablement au développement socioéconomique du Niger. Il a cité les matériaux de construction, le phosphate, le fer, le cuivre, le plomb et le Zinc de même que les terres rares et les gisements de marbre, de calcaire et de gypse.

Au vu du potentiel minier du Niger et des pays frères du Burkina Faso et du Mali, le ministre des Mines, Colonel Abarchi Ousmane, se réjouit des efforts de l’AES dans le cadre de l’opérationnalisation du volet ‘’Développement’’ de la feuille de route de la Confédération des Etats du Sahel concernant les projets relatifs à la souveraineté énergétique, minière et pétrolière de nos pays. La réunion des ministres de l’Energie, des Mines et du Pétrole de l’AES élargie au Togo et au Tchad qui s’est tenue à Namey le 10 décembre 2025, indique-t-il, a décidé de la mise en œuvre de plusieurs actions pour booster le secteur minier dans ces pays, dont la mise en place d’unités de transformation dans chaque Etat de l’AES, en fonction de sa spécificité.

Nationalisation de certaines ressources minières

Le ministre des Mines a indiqué que l’Etat du Niger a procédé à la nationalisation de la Société des Mines de l’Aïr (SOMAÏR) et de la SML dans un objectif de défense de la souveraineté économique, de récupération de la maîtrise des ressources stratégiques et de protection de l’intérêt national. « Historiquement, le Niger a été relégué au rôle de fournisseur de matières premières brutes, principalement au profit des multinationales et de leurs pays d’origine … Cette dynamique a laissé le Niger à la périphérie des processus à haute valeur ajoutée comme la transformation et la commercialisation des produits », a-t-il expliqué. C’est pourquoi, poursuit-il, l’Etat du Niger a pris la décision souveraine de nationaliser la SOMAÏR SA et la SML pour que les ressources minières profitent plus au peuple nigérien.

Cette action conservatoire a permis de rompre avec les partenariats déséquilibrés. « Pour la SOMAÏR, c’est aujourd’hui piloté à 100% par des Nigériens. Nous maîtrisons exactement notre production que nous allons vendre à qui nous voulons. L’uranium est un minerai stratégique qui joue un rôle très important dans la souveraineté énergétique surtout dans cette ère du nucléaire », se réjouit le ministre des Mines. L’exploitation de l’Uranium, dit-il, se poursuit normalement grâce aux dispositions prises par l’Etat du Niger pour assurer la continuité de l’exploitation au niveau de la SOMAÏR. Pour la commercialisation de ce minerai stratégique, le Niger est en discussion avec un partenaire unique, après avoir reçu plusieurs acheteurs potentiels. Les détails logistiques pour assurer l’exportation du minerai dans des conditions sécuritaires optimales sont au cours de règlement.

Pour la SML, depuis la nationalisation, « Nous travaillons pour la reprise effective de la cadence de production », fait savoir Colonel Abarchi Ousmane. En plus, cette société traverse une période difficile due d’une part à l’insécurité dans la zone, et au manque d’investissement dans la recherche hérité des anciens actionnaires, d’où le vieillissement de l’outil de production et une diminution des réserves exploitables d’autre part. « Aujourd’hui, nous avons accompagné la SML avec une facilité de crédit, nous lui avons octroyé 3 permis de recherche et les équipes sont sur place pour la reprise effective des travaux. Pour 2026, la SML a élaboré un budget de fonctionnement ambitieux conduisant au résultat net en fin d’année de
45 938 926 130 FCFA », ajoute le ministre des Mines, confiant quant à l’atteinte des objectifs fixés au niveau des deux sociétés nationalisées.

Particulièrement pour la SML, le ministre des Mines a expliqué que la production de cette société en 2025 n’était que de 735 Onces, soit 22,9 kilogrammes. C’est cette situation de non production, insiste le ministre, qui a conduit à la nationalisation de la société en août 2025. Il a déclaré que le projet de la Raffinerie d’Or qui devrait voir le jour au Niger est en bonne voie, avec la mise en place de la direction de cette raffinerie par l’Etat. « A date, nous avons créé une Direction nationale de la transformation des substances minérales pour promouvoir les unités de transformation desdites substances. Nous avons aussi signé un arrêté conjoint avec le ministre en charge des Finances pour la convention type d’affinage. C’est dire qu’aujourd’hui, nous sommes à la dernière étape de cette raffinerie avec l’achat, l’acheminement du matériel nécessaire pour l’installation de l’unité », relève le ministre des Mines.

Apport du secteur minier au Niger et défis à relever

« Il faut noter que les recettes minières ont toujours été dominées par la Redevance Minière qui est payée après l’exportation du minerai. Depuis 2023, l’exportation de l’Uranium a été suspendue compte tenu du contexte du pays », rappelle le ministre des Mines. Malgré la situation complexe, le secteur minier contribue significativement au développement du Niger. Par exemple en 2025, l’Etat a recouvré des recettes de 18 076 162 500 F CFA et 14 364 081 887 FCFA ont été investis dans la recherche.

Le secteur minier nigérien, insiste le ministre des Mines, peut-être un véritable levier de croissance économique du pays à condition de bénéficier d’un minimum d’investissement. « C’est ce que nous tentons de faire à travers l’adoption du Fonds de développement minier qui sera alimenté par les recettes minières ; ce fonds va servir au développement de la recherche géologique et minière ; ce qui va nous permettre de découvrir des gisements et d’industrialiser ainsi le secteur », dit-il.

Pour accompagner cette démarche portée sur la recherche, le Centre de Recherche Géologique et Minière (CRGM) sera redynamisé grâce à un accompagnement technique et financier de l’Etat.

Le Commissaire Colonel Abarchi Ousmane cite également la modernisation de l’administration des mines avec la mise en ligne du cadastre minier. Désormais, explique-t-il, les acteurs miniers n’auront pas à se déplacer pour avoir toutes les informations nécessaires, car ils ont la possibilité de faire leurs demandes et d’effectuer les payements en ligne, ce qui permettra à l’application de générer automatiquement l’arrêté. Ce processus permet de renforcer la transparence dans le secteur minier et de réduire les temps d’attente.

Le ministre des Mines se réjouit des résultats tangibles du MOU et du nouveau dispositif fiscal et non fiscal -redevance initiale forfaitaire- de l’ordonnance 2024-37 modifiant la loi minière. « A titre illustratif, nous avons exigé une RIF de 1,5 milliard pour l’octroi de deux Permis de Recherche, ce qui est une première dans l’histoire minière du Niger. Un autre exploit est qu’avec la nouvelle taxe instaurée au cas où le promoteur n’atteint pas 80% des dépenses de recherche prévue, a fait en sorte que pour l’année 2025, il y’a eu 14 milliards en termes d’investissement de recherche par les sociétés privées », affirme le Commissaire Colonel Abarchi Ousmane qui se réjouit aussi de l’accompagnement de la SOPAMIN pour l’installation des comptoirs d’achat à travers l’exonération de la TVA.

En perspective, le ministre des Mines évoque l’octroi du permis d’exploitation du charbon pour le projet Salkadamna et les demandes de permis d’exploitation de charbon pour MCC pour le besoin de la cimenterie. « Les sociétés nationalisées et les nouveaux permis d’exploitation octroyés auront des résultats à court terme. Les sociétés nationales créées et les permis de recherche octroyés auront des résultats attendus à long terme », précise-t-il, tout en appelant le peuple nigérien à la patience et à la vigilance puisque « si l’élan actuel se maintient, les résultats sont appelés à s’accentuer ». Les actions entreprises permettront in-fine de garantir notre élan de souveraineté sur les substances minières de notre pays, insiste-t-il à nouveau.

Le ministre dénonce l’acharnement d’ORANO contre le Niger

Commissaire Colonel Abarchi Ousmane a rappelé que l’exploitation de l’uranium depuis plus de 50 ans, en plus d’être en défaveur du Niger avec des contrats léonins, a entraîné de lourdes conséquences environnementales, sanitaires et économiques avec la pollution des sites miniers par Orano et la mauvaise gestion des déchets issus de ses exploitations et les risques durables que cela cause pour la santé des populations riveraines. « Depuis l’avènement du CNSP avec l’élan souverainiste de reprendre le contrôle sur nos ressources naturelles, le Niger fait face à une hostilité persistante de la France à travers le groupe Orano, avec comme conséquences des convocations du Niger devant les instances arbitrales du CIRDI et de la CCJA.

« Le Niger, dans sa ligne de défense, garde espoir que c’est la fin de la spoliation », indique le ministre Abarchi Ousmane, confiant dans la justesse des décisions conservatoires prises par le Niger. Au total, 14 procédures opposent l’Etat du Niger et ORANO : 5 au niveau national, 5 au niveau international et 4 mesures provisoires et conservatoires pour les procédures au niveau international, un véritable harcèlement judiciaire. « Les arbitrages suivent leur cours avec du côté du Niger, l’Agence Judiciaire de l’Etat (AJE), les Conseils désignés et les techniciens du Ministère des Mines qui argumentent avec les vraies informations tirées de la réglementation minière et des conventions qui nous liaient avec ORANO, afin de déconstruire le narratif accusateur de cette société », indique le ministre des Mines.

Pour assurer durablement la souveraineté du Niger dans le secteur minier, le Ministère des Mines s’est doté d’un programme spécial de formation et de renforcement des capacités des cadres nationaux. Ce plan de formation, précise Commissaire Colonel Abarchi Ousmane, vise à renforcer les capacités techniques en matière de gestion minière, adapter les compétences aux nouvelles orientations de la politique minière et harmoniser les pratiques de travail pour une gestion plus performante de l’administration des mines. « Nous avons aussi en projet la création des Écoles des Mines pour dispenser des formations spécialisées dans les métiers intermédiaires des mines et répondre aux besoins croissants de l’administration minière, des entreprises publiques et privées du secteur ainsi que des collectivités territoriales », a-t-il conclu.

Souleymane Yahaya (ONEP)

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