La Colombie se forge désormais une réputation sulfureuse d’exportation de mercenaires dans le monde entier. Selon l’ONU, environ 10 000 ressortissants de ce pays sont impliqués dans différents théâtres de guerre, du Soudan à l’Ukraine. La Russie en a condamné trois, accusés d’être des mercenaires à la solde de Kiev. En août 2025, au Soudan, un avion transportant au moins quarante mercenaires colombiens avait été abattu au moment d’atterrir à Nyala, la capitale de la région du Darfour du Sud contrôlée par les Forces de soutien rapide.
La France elle-même n’est pas à l’écart d’une autre forme de violence, liée au trafic de drogue. En 2024, un Colombien, ancien militaire, s’était rendu à la police après l’échec d’une opération : il expliquait avoir été recruté à Bogota pour assassiner un trafiquant français à Lyon.
C’est aussi dans la capitale des Gaules que quatre ressortissants ont été arrêtés, en novembre 2025, en possession d’armes de guerre, soupçonnés d’avoir exécuté un jeune homme à Ecully et de préparer un nouveau règlement de comptes. Ils auraient été recrutés par Karim Ben Addi, un Français de 36 ans, interpellé dans la ville colombienne de Cali et réclamé par la justice française.
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Pour essayer de lutter contre ce phénomène, Bogota a récemment adopté une loi permettant de ratifier la Convention de l’ONU sur les mercenaires. Mais le problème a des racines plus profondes. Andrés Macías, expert du Groupe de travail des Nations unies sur les mercenaires, constate que la participation de Colombiens, souvent d’anciens militaires ou policiers, à ces activités guerrière et mafieuse peut notamment s’expliquer par les faibles retraites versées dans leur pays.
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