Soudan: dans les camps de déplacés, l’école résiste à la guerre

Au Soudan, malgré plus de trois années de conflit, des milliers d’enfants continuent de s’accrocher à l’éducation comme à une promesse d’avenir. Dans le camp de déplacés d’Al-Hichan, au nord-est du pays, plus de 1 000 enfants et jeunes ont repris les cours dans des tentes transformées en salles de classe. Un signe d’espérance dans un pays où huit millions d’enfants restent privés d’école.

Vatican News 

Dans le camp d’Al-Hichan, qui accueille des familles déplacées à cause de la guerre, les journées sont rythmées par les leçons, les récitations et les jeux d’enfants. Certains élèves rêvent de devenir «chirurgiens», d’autres «psychiatres» ou encore «professeurs d’anglais». Malgré les conditions précaires, ces jeunes poursuivent leur apprentissage dans des tentes aménagées en écoles. Le Soudan entre désormais dans sa quatrième année de guerre entre l’armée régulière et les forces paramilitaires. Face à cette crise prolongée, une partie des élèves a bénéficié d’un programme accéléré mis en place par les Nations Unies avec des Ong locales, afin de rattraper les années perdues.

Une génération profondément marquée par la guerre

Selon l’Unicef, sur les 25 millions de mineurs que compte le pays, «huit millions ne sont actuellement pas scolarisés». Derrière les exercices de physique, de chimie ou les poèmes récités en classe, les enfants portent les blessures d’un conflit commencé le 15 avril 2023. Beaucoup ont fui les combats, connu la faim, la violence ou les déplacements forcés.

Les travailleurs humanitaires observent chez ces enfants une lente reconstruction intérieure. «Ils arrivent ici effrayés, épuisés et méfiants», a expliqué Mira Nasser, porte-parole de l’Unicef Mais avec le temps, leurs dessins changent: les scènes de guerre laissent progressivement place à d’autres images, signe qu’ils commencent à retrouver une forme de stabilité. Cette «nouvelle normalité», même fragile, demeure essentielle pour aider les enfants à se reconstruire psychologiquement.

La faim et les traumatismes persistent dans un processus d’éducation qui porte espérance

Malgré ces avancées, la réalité reste dramatique. Une jeune élève de Khartoum a perdu son bras droit après avoir été blessée dans les combats. Dans tout le pays, les conséquences humanitaires de la guerre continuent de s’aggraver. Plus de «825 000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë». Les violences, les abus sexuels et les recrutements forcés demeurent également une menace constante pour les plus jeunes.

À Al-Hichan, reprendre le chemin de l’école représente bien plus qu’un simple retour en classe. Pour beaucoup, l’éducation devient une manière de résister à la guerre et de préserver l’espérance. Ibrahim, 14 ans, rêve déjà de devenir «ingénieur pétrolier». Dans un pays dévasté par les combats, ces enfants continuent ainsi de croire qu’un avenir reste possible au-delà de la guerre.

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