Faux médicaments : Interpol et 90 pays, dont le Bénin, démantèlent 66 groupes criminels – La Nouvelle Tribune

Une opération coordonnée par Interpol du 10 au 23 mars 2026 dans 90 pays, dont le Bénin, a conduit à 269 arrestations, au démantèlement de 66 groupes criminels et à la saisie de 6,42 millions de doses de médicaments non homologués ou contrefaits, évaluées à 15,5 millions de dollars. Les résultats de l’opération Pangea XVIII ont été rendus publics jeudi 7 mai par l’organisation internationale de police criminelle, dont le siège se trouve à Lyon.

Les forces de l’ordre ont ouvert 392 enquêtes et exécuté 158 mandats de perquisition ciblant des réseaux de distribution de produits médicaux falsifiés ou de qualité inférieure. En parallèle, environ 5 700 sites web, pages de réseaux sociaux et canaux automatisés utilisés pour commercialiser ces produits ont été perturbés ou désactivés.

L’Afrique ciblée par des trafics de médicaments essentiels

La participation des pays africains à l’édition 2026 a révélé un profil de saisies distinct du reste du monde. Là où les opérations en Europe ou en Asie ont surtout intercepté des médicaments de performance ou de confort — stéroïdes anabolisants, peptides, traitements contre les troubles de l’érection —, les saisies africaines ont principalement concerné des médicaments essentiels : analgésiques, antibiotiques et antipaludiques écoulés sur des marchés informels. Au Burkina Faso, 384 000 gélules d’antibiotiques ont été confisquées lors d’opérations de transport clandestin. En Côte d’Ivoire, une tonne d’ibuprofène contrefait a été découverte dans un seul véhicule. Au Cameroun, des milliers de flacons d’antipaludiques et d’antibiotiques présumés contrefaits ont également été interceptés.

Parmi les 90 pays et territoires mobilisés, dix-neuf États africains ont pris part à l’opération Pangea XVIII : Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Cameroun, République centrafricaine, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Gabon, Ghana, Guinée, Kenya, Namibie, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Tanzanie, Ouganda et Zimbabwe.

Des antiparasitaires détournés en prétendus traitements contre le cancer

L’édition 2026 de Pangea a enregistré une hausse marquée des saisies de médicaments antiparasitaires, phénomène que l’organisation attribue à leur promotion croissante en ligne comme supposés traitements alternatifs contre le cancer. Deux substances ont concentré les saisies : l’ivermectine, indiquée contre les infections parasitaires, et le fenbendazole, vermifuge homologué uniquement pour un usage vétérinaire. Souvent repositionnés comme compléments alimentaires et vendus dans des kits dits « anticancer », ces produits ont été interceptés notamment en Australie, en Nouvelle-Zélande, à Singapour, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Lancée pour la première fois en 2008, l’opération Pangea est reconduite chaque année par Interpol avec le soutien d’Europol, de l’Organisation mondiale de la santé, de l’Organisation mondiale des douanes et de plusieurs agences nationales de réglementation sanitaire. Interpol reconduit l’opération Pangea chaque année ; une dix-neuvième édition est attendue en 2027.

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