Liberté de la presse au Bénin : La Padem alerte sur les menaces qui pèsent sur les journalistes


À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque 3 mai depuis sa proclamation par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993, sur recommandation de l’UNESCO, le Bénin s’est joint aux commémorations internationales. Dans ce cadre, la Plateforme des Promoteurs et Acteurs pour le Développement des Médias (PADeM-Bénin) a organisé plusieurs activités. Lors du lancement, son président, Ilarion Kingnon, a attiré l’attention sur la dégradation croissante des conditions de travail des journalistes au Bénin. Il a notamment souligné les difficultés rencontrées dans l’exercice du métier et appelé à une réflexion collective pour garantir une presse à la fois libre, responsable et véritablement au service du développement. Lire l’intégralité de son message ci-contre

Consoeurs, confrères,  Chers professionnels des médias, En cette Journée mondiale de la liberté de la presse placée sous le thème : « Façonner un avenir de paix », la PADeM-Bénin choisit les mots justes. Parlons vrai, parlons calme. La paix ne s’impose pas par décret. Elle se cultive. Et elle fleurit rarement là où les micros hésitent, où les claviers tremblent, où la vérité se murmure. Aujourd’hui au Bénin, informer demande parfois plus de courage que d’encre. Osons regarder la réalité : des journalistes inquiétés pour un article, d’autres privés de liberté pour un éditorial ; des médias étranglés f inancièrement ou suspendus sans préavis ; un Code du numérique qui fait planer une ombre sur nos rédactions ; un accès à l’information publique qui se fait timide ; une autocensure qui s’invite à nos conférences de rédaction. Le dernier rapport de Reporters sans frontières, rendu public à Dakar le 30 avril 2026, nous classe 113ème sur 180 pays.

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Un recul de 21 places en une année. Ce n’est pas une fatalité. C’est un signal. Et le nouveau Président de la République élu, Romuald Wadagni ?_ Son programme séduit par son ambition. Pourtant, la presse y cherche encore sa partition. Pas de note claire. Pas de mesure dédiée. Comme un silence dans un discours. Or peuton vraiment dessiner un Bénin émergent en laissant dans l’angle mort ceux qui éclairent la société ? Nous croyons que non. La PADeM-Bénin ne quémande pas. Elle propose. Propose que l’aide de l’État à la presse privée cesse d’être un mirage et devienne un soutien concret.

Propose que le Fonds d’appui au développement des médias quitte les cartons pour irriguer nos rédactions. Propose des allègements f iscaux réfléchis, à la hauteur des fragilités de nos entreprises de presse.  Propose des partenariats équilibrés entre institutions et médias, loin des arrangement boîte. Sans journalistes sereins, la vérité bégaie. Sans médias indépendants, la paix reste un vœu pieux.

Ce message s’adresse aussi à ments opaques.  Propose un grand chantier de formation continue, car un journaliste bien outillé est le premier rempart contre la rumeur. Disons-le simplement : sans presse libre, le développenous, gens de plume et de micro. Refusons la facilité. Résistons à l’argent qui compromet. Combattons la désinformation qui nous affaiblit. L’éthique n’est pas un accessoire. La vérification est notre boussole. La solidarité, notre force. Si nous voulons être respectés, soyons exemplaires. Si nous voulons la liberté, chérissons la responsabilité. La PADeM-Bénin lance donc deux appels fraternels : 1.  Aux autorités : Le Bénin est signataire de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Honorons cette signature. Revoyons ensemble les dispositions qui inquiètent.

Privilégions le dialogue à la sanction. Protéger la presse, c’est protéger la République. 2.  Aux journalistes : Gardons la tête haute et la plume Recherches agricoles au Bénin droite. Aucun sujet ne mérite qu’on y laisse sa vie, mais aucune pression ne doit éteindre notre mission. Face au doute, répondons par plus de rigueur. Face à la division, répondons par plus d’unité. Seuls, nous sommes vulnérables. Ensemble, nous sommes crédibles. Consoeurs, confrères, cette Journée n’est pas une fête. C’est une promesse.

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La promesse de nous battre pour qu’aucun journaliste ne craigne la prison pour un mot, pour qu’aucune radio n’hésite avant une enquête, pour qu’aucun site ne s’éteigne sans le regard d’un juge. La paix se façonne avec des journalistes libres. Elle grandit avec des journalistes responsables. Avec la  PADeM-Bénin cheminons ensemble car ensemble on est plus fort .

La Cloche

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