Report du 1er mai en Guinée : Michel Pépé Balamou dénonce une ingérence de l’État

À Conakry, la décision de reporter la célébration de la fête internationale du travail continue de susciter des réactions dans les rangs syndicaux. Du côté du secteur éducatif, la sortie du secrétaire général du Syndicat national des enseignants, Michel Pépé Balamou, illustre le malaise grandissant face à ce qu’il considère comme une intrusion des autorités dans la vie des organisations professionnelles.

S’exprimant sur cette actualité, le responsable syndical n’a pas caché son indignation face à la mesure. « Ce report est vraiment une violation flagrante de la Convention 96 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical. L’État ne doit pas s’ingérer dans les activités des syndicats », a-t-il déclaré, tout en précisant que cette décision a été accueillie « avec beaucoup de pincettes », notamment après la mobilisation de délégués venus des 33 préfectures.

Dans ce contexte particulier, le syndicat a été contraint d’adapter son programme. À défaut de la célébration habituelle, il a tenu pour la première fois un congrès dédié au comité des femmes, une initiative présentée comme une alternative face à la situation. «C’est vraiment regrettable. Nous pensons que l’État ne doit plus se mêler des affaires syndicales à l’avenir », a-t-il ajouté.

Au-delà de cette controverse, Michel Pépé Balamou a saisi l’occasion pour remettre sur la table les difficultés persistantes auxquelles sont confrontés les enseignants guinéens. «Les préoccupations concernent notamment la situation des anciens contractuels, mais aussi des enseignants qui restent sans salaire alors qu’ils sont pères et mères de famille», a-t-il déploré.

Parmi les griefs évoqués figurent également des blocages dans l’évolution de carrière, avec certains enseignants qui stagnent depuis plus de deux décennies au même indice, ainsi que l’absence de primes pour plusieurs catégories de personnel éducatif. À cela s’ajoute, selon lui, une faible reconnaissance financière du métier.

Des contraintes qui, à en croire le syndicaliste, ne sont pas sans conséquences sur le système éducatif lui-même. « La cherté de la vie et la pénibilité du métier font que les enseignants n’ont plus les moyens psychologiques pour bien enseigner ».

Face à cette réalité, le secrétaire général plaide pour des réformes en profondeur afin de redonner de l’attractivité à la profession. «Il faut élaborer une véritable politique de la profession enseignante et accorder un statut particulier digne de ce nom aux enseignants».

Parmi les pistes avancées, il cite notamment l’accès au logement social, la mise en place de formations continues, l’instauration d’un plan de carrière structuré, ainsi qu’une amélioration significative des rémunérations.

En guise de message à ses collègues, Michel Pépé Balamou appelle à la responsabilité et à la solidarité. «Je leur demande de continuer à faire leur travail, car l’accomplissement du devoir engendre le droit. Mais aussi de rester mobilisés et soudés derrière le syndicat».

Il assure enfin que la lutte syndicale se poursuivra, annonçant que des orientations seront communiquées « le moment venu pour poursuivre la lutte jusqu’à satisfaction des revendications.»

Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com 

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