Niger : Human Rights Watch dénonce une aggravation de la crise des droits humains dans le pays

Une répression accrue depuis le coup d’État 

Dans un communiqué publié jeudi, Human Rights Watch estime que la situation des droits humains au Niger s’est nettement détériorée depuis l’arrivée au pouvoir de la junte dirigée par le général Abdourahamane Tiani. L’ONG accuse les autorités militaires d’avoir instauré un régime autoritaire en démantelant progressivement les contre-pouvoirs. Selon HRW, les dirigeants ont renforcé leurs prérogatives tout en affaiblissant les institutions chargées de contrôler l’action de l’État. L’organisation cite notamment la dissolution des partis politiques et des syndicats indépendants, la suspension de nombreuses organisations de la société civile, la détention de journalistes ainsi que la criminalisation des relations homosexuelles.



 
Une transition prolongée et une insécurité persistante 

Human Rights Watch critique également la prolongation de la transition politique sans calendrier électoral clair. Le régime a annoncé l’an dernier qu’il pourrait rester au pouvoir au moins cinq années supplémentaires. L’ONG s’inquiète par ailleurs de la dégradation de la situation sécuritaire dans ce pays confronté depuis plus d’une décennie aux attaques de groupes jihadistes. Elle accuse les forces nigériennes d’avoir mené des opérations de contre-insurrection ayant fait des victimes civiles, évoquant notamment une frappe de drone qui aurait tué au moins 17 civils sur un marché en janvier. 
Enfin, HRW déplore le retrait du Niger de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que cette décision réduit les possibilités de demander des comptes aux autorités sur d’éventuelles violations des droits humains. 

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