AES-CEDEAO : « Nous sommes déjà en dialogue…et n’excluons pas une rencontre avec… » (Ministre Malien des affaires étrangères)

 

Selon Abdoulaye Diop, la sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO ne saurait être confondue avec un repli géographique ou humain. « En quittant la CEDEAO, nos pays ne quittent pas l’Afrique de l’Ouest. Notre géographie est intangible », a-t-il affirmé. Pour lui, les liens entre les peuples de la région précèdent de loin l’existence de l’organisation régionale. Il a notamment évoqué la visite du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à Bamako, lors de laquelle ce dernier avait assuré que les relations bilatérales entre le Sénégal et le Mali demeureraient intactes, quelle que soit la configuration institutionnelle.

 

Le chef de la diplomatie malienne a parallèlement, confirmé que des mécanismes de dialogue sont en cours entre l’AES et la CEDEAO. En mai 2025, les ministres des Affaires étrangères des trois pays de l’AES ont reçu à Bamako le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray, aboutissant à la signature d’un mémorandum destiné à préserver la libre circulation des personnes et à traiter les questions d’intérêt commun. Plus récemment, une rencontre s’est tenue à Lomé avec le président de la Commission et le médiateur désigné, l’ancien Premier ministre guinéen. Abdoulaye Diop n’a pas exclu des contacts directs entre chefs d’État des deux blocs. Il a par ailleurs souligné que le mémorandum prévoit une concertation obligatoire entre pays de l’AES et de la CEDEAO sur les positions à défendre au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ainsi qu’aux Nations Unies.

 

Mais c’est sur le fond que l’intervention du ministre malien a pris toute sa portée. Sans désigner nommément de coupables, Abdoulaye Diop a reconnu que des « ingérences extérieures » et des manquements internes à la solidarité régionale avaient rendu inévitable la rupture. « À partir du moment où une organisation décide de s’attaquer à l’un de ses propres membres, l’appartenance à cette organisation devient un outil de menace », a-t-il indiqué faisant allusion aux sanctions imposées par la CEDEAO au Mali à la suite du coup d’État de 2021. Il a également pointé la responsabilité collective des États africains pour avoir laissé des acteurs extérieurs à la région instrumentaliser leurs divisions.

 

Refusant néanmoins toute posture victimaire, Abdoulaye Diop a appelé à tourner la page sans effacer les leçons. Il a salué l’approche du président Bassirou Diomaye Faye, dont il estime que la méthode privilégiant le dialogue et la fraternité, aurait pu éviter la rupture si elle avait prévalu plus tôt.

 

Le ministre réaffirmant l’attachement indéfectible du Mali à l’idéal panafricain, rappelle que les constitutions des États de la région consacrent depuis les indépendances leur disposition à céder une part de leur souveraineté au profit de l’intégration africaine..

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