Le chanteur de bikutsi Saint Désir Atango, célèbre dans les années 1990, a été condamné à cinq ans de prison ferme pour inceste sur ses propres filles. Une affaire qui a provoqué une onde de choc au Cameroun et poussé le gouvernement à réagir officiellement.
Les faits : de la scène musicale au tribunal
Artiste emblématique du bikutsi camerounais, Saint Désir Atango avait conquis des milliers de fans avec ses rythmes entraînants. Mais c’est une tout autre actualité qui le ramène sous les projecteurs.
Tout commence lorsque l’artiste publie sur les réseaux sociaux un message glaçant, dans lequel il tente de justifier spirituellement ses relations sexuelles avec ses filles. Se présentant comme un « animiste fondamentaliste », il affirme que ces pratiques — dont serait né au moins un enfant — visent à « libérer l’Afrique ». Il va jusqu’à écrire que « Dieu n’était pas contre que le père soit le premier mari de sa fille ».
Ces déclarations déclenchent une indignation nationale immédiate. Des personnalités publiques, des juristes et des militants des droits humains réclament des poursuites judiciaires sans délai.
L’une de ses filles dépose plainte. La justice se saisit de l’affaire. Saint Désir Atango est arrêté et jugé. Il est finalement condamné à cinq ans de prison ferme, en application de l’article 361 du Code pénal camerounais, qui réprime sévèrement les rapports sexuels entre ascendants et descendants.
Une réaction officielle et un appel à la mobilisation qui avait tout declanché
Dans un communiqué daté du 3 juin 2025, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Marie-Thérèse Abena Ondoa, avait condamné avec fermeté ces actes qu’elle qualifiait d’« odieux et inacceptables, portant atteinte à la dignité et à l’intégrité des personnes, en particulier des enfants ».
Elle avait appelé toutes les victimes de violences similaires à briser le silence et à se tourner vers les structures d’écoute disponibles, notamment le numéro vert 116.
L’avocate Me Alice Nkom avait, de son côté, réclamé une réaction immédiate du parquet : « Ce crime ne peut rester impuni. Aucune spiritualité, aucun dogme ne peut justifier ces actes. La protection de l’enfant n’est pas négociable. »
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