Agents, drone, police du Suriname : ce que vous ne voyez pas du dispositif de sécurité des grands événements de Saint-Laurent-du-Maroni.

Derrière chaque concert, chaque défilé et chaque soirée qui animent la ville pendant les grandes vacances se déploie une organisation que la foule ne voit jamais.

Ce vendredi 7 août, la fête patronale de Saint-Laurent-du-Maroni ouvre plusieurs jours de festivités. Pour l’occasion, la commune active un dispositif de sécurité qui mobilise agents privés, forces de l’ordre et outils de surveillance. Un déploiement que détaille Jean-Luc Requena, adjoint à la tranquillité publique, à la prévention et à la médiation.

Sur le seul site de la fête patronale, l’agence Atel Garde Sécurité mobilise 60 agents. Sept portiques filtrent les entrées, chacun tenu par des agents chargés de contrôler le public. D’autres se postent aux croisements pour orienter les visiteurs, et devant le podium pour protéger les artistes d’éventuelles intrusions.

Un dispositif humain et technologique

Les agents privés viennent en appui de la police municipale, de la gendarmerie et de la Police aux frontières. En soirée, les effectifs de la police municipale passent d’une douzaine d’agents à une vingtaine en cœur de nuit, jusqu’à 3 heures du matin. Tous restent reliés par radio à un poste de commandement installé en coulisses.

La technologie complète le dispositif. Le Centre de supervision urbain fonctionne de 18 heures à 6 heures, une caméra déportée est installée sur le site et un drone de la gendarmerie survole les festivités. Des barrières anti-bélier bloquent l’accès aux véhicules, tandis que des grillages posés le long du Maroni préviennent les chutes dans le fleuve. Le même schéma s’applique aux autres sites : à la fête foraine des Roches Bleues, deux portiques et une quinzaine d’agents assurent la surveillance.

Les portiques ne servent pas qu’au contrôle : ils comptabilisent en temps réel les entrées et les sorties, afin de connaître le nombre de personnes présentes et de respecter la jauge autorisée. Une coopération transfrontalière s’ajoute au dispositif. Pendant les quatre jours de fête, trois à quatre policiers de la KPS, la police du Suriname, prêtent main-forte à titre préventif.

Des exigences de plus en plus strictes

Pour le défilé Soholang Kolor, prévu ce vendredi de 14 heures à 17 heures entre le lac Bleu et la gare routière, 120 agents de sécurité sont déployés sur le parcours, contre une soixantaine à 80 l’an dernier. L’objectif affiché est de prévenir les dégradations de véhicules et les débordements.

Ce renforcement traduit une tendance de fond. « L’État nous demande de la sécurité, plus », résume Jean-Luc Requena, qui évoque des règles imposées par la préfecture et la sous-préfecture, notamment sur l’électricité et les installations temporaires. Chaque manifestation passe désormais par une commission de sécurité.

Ces exigences obligent aussi les entreprises privées à monter en puissance. Le dirigeant de Need Security explique que les grosses manifestations peuvent réclamer une cinquantaine d’agents, parfois plus d’une centaine. Quand ses équipes sont déjà engagées, il fait appel à la sous-traitance auprès d’autres sociétés pour répondre à la demande.

Une vigilance au-delà des festivités

La sécurité des vacances ne s’arrête pas aux grands rassemblements. Dans les quartiers, un dispositif cible les cambriolages. Le réseau des voisins vigilants signale les allées et venues suspectes, et les habitants qui s’absentent peuvent prévenir la gendarmerie et la police municipale, qui passent alors vérifier les domiciles laissés vacants.

Reste une part du travail que le public ignore. Jean-Luc Requena souligne l’investissement des services techniques et événementiels de la commune, mobilisés en amont de chaque manifestation. « Je n’imaginais pas ça », confie l’élu, qui salue un travail sans lequel les festivités ne pourraient se tenir.

De la fête patronale au dernier défilé des vacances, un même principe s’impose : pour que la fête reste une fête, l’essentiel se joue avant même l’arrivée du public.

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