Dans son dernier bulletin de surveillance publié le 21 mai, Santé publique France confirme l’installation durable du virus sur le territoire, malgré une apparente stabilisation du nombre de cas recensés ces derniers jours.
Au cours de la semaine écoulée, 78 nouveaux cas confirmés ont été enregistrés, contre 83 la semaine précédente. Une évolution qui pourrait laisser croire à un ralentissement de l’épidémie, mais que les autorités sanitaires interprètent différemment. Selon elles, la transmission du chikungunya est désormais bien ancrée en Guyane. Depuis janvier, 419 contaminations biologiquement confirmées ont été recensées. Le littoral ouest demeure l’épicentre principal de l’épidémie, concentrant la majorité des cas détectés.
Une propagation qui gagne du terrain
Sur le littoral ouest, les contaminations continuent de progresser, tout comme les passages aux urgences pour des symptômes évocateurs du chikungunya. La même dynamique est observée dans les Savanes, où la multiplication des foyers et l’augmentation des consultations hospitalières témoignent d’une circulation active du virus. Les Savanes et l’Île-de-Cayenne sont en phase de foyers épidémiques.
Sur l’Île-de-Cayenne, les autorités sanitaires constatent également une hausse des cas confirmés ainsi qu’une augmentation des passages aux urgences liés à des symptômes compatibles avec la maladie. Le secteur du Maroni reste, quant à lui, classé en phase de « transmission sporadique ».
Les enfants particulièrement touchés
Parmi les 82 patients hospitalisés depuis le début de l’année, 62 présentaient des formes classiques de la maladie. Les autorités sanitaires ont également recensé 16 formes inhabituelles et trois formes sévères.
Les enfants figurent parmi les populations les plus affectées par les hospitalisations. Plus d’un tiers des patients pris en charge étaient âgés de 3 à 14 ans. Trois nourrissons de moins d’un an et deux enfants âgés de 1 à 2 ans ont également été hospitalisés.
La fièvre reste le principal symptôme observé chez la quasi-totalité des patients hospitalisés. Les douleurs articulaires et musculaires ainsi que les céphalées comptent également parmi les manifestations les plus fréquentes du chikungunya.
La bronchiolite sous étroite surveillance
En parallèle de l’épidémie de chikungunya, les autorités sanitaires suivent avec attention la progression de la bronchiolite.
Une « nette augmentation » des consultations liées à cette infection respiratoire a été observée ces deux dernières semaines dans les CDPS, les hôpitaux de proximité et les services d’urgences des trois sites du CHU. Face à cette évolution, Santé publique France a placé la Guyane en phase de pré-épidémie de bronchiolite, appelant à une vigilance accrue, notamment chez les jeunes enfants et les personnes fragiles.
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